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1 décembre 2015 2 01 /12 /décembre /2015 09:32

Vous chérissez votre vérité,
Abstraite au point
D’être palpable.
La crudité des faits vous reste en travers du gosier.

Vous préférez la poésie éthérée de
Ce qui est à venir
A la présence terre à terre
De ce qui est là en cet instant. (Ram Tzu)

« Tout ce qui est, est conscience.
Conscience est tout ce qui est.
» (Ramesh Balsekar)

L’esprit s’attelle à la tâche de découvrir ce qu’il est. Une entreprise équivalente à tenter de se soulever de terre en tirant sur ses lacets. Et l’enseignant vous exhorte à tirer toujours plus fort ! Vous devez mettre plus d’intention dans votre geste ! Soulevez ! Soulevez !

Cet enseignement est incroyablement simple. Il n’engage à rien. Littéralement à rien. (Histoire du soufi sur le trône)

Le rien, la Conscience au repos : potentialité infinie non d’une vacuité stérile et nihiliste ; cela doit par nature s’activer, s’actualiser.

En amont, il n’y a qu’un sentiment de présence, et ce sentiment de présence est le point de contact, si vous voulez. C’est ici que le Noumène rencontre le phénomène. (Les deux ne sont pas séparés.)

Cet enseignement pointe en direction de Ce Qui Est dans l’éternel moment présent. Il n’y a pas de dogme. Il n’y a pas d’explication. Il n’y a aucune raison donnée pour quoi que ce soit. Ce qui Est, simplement Est.

Nous disons que la Compréhension est intuitive, et, par conséquent, un peu plus fidèle que la compréhension intellectuelle.

Le sujet ne peut se connaître lui-même autrement qu’en tant qu’objet et dès lors, cesse aussitôt d’être sujet !

Réalisation : fin du sentiment d’être l’agissant à Du point de vue personnel, elle (la réalisation) est le fruit du hasard. Je peux vous assurer qu’il ne s’agit pas d’un système d’attribution basé sur le mérite. C’est vraiment évident dans mon cas.

A l’évidence, ce n’est pas un message très séduisant pour beaucoup de chercheurs spirituels. L’idée que vous n’allez pas obtenir ce que vous voulez ne se vend pas. Ce qui se vend, c’est que si vous y travaillez dur, si vous vous y prenez fort, si vous perfectionnez votre façon de faire, si vous êtes persévérant, vous l’obtiendrez. (Et moi en tant que gourou (rire), je vous y aiderai ! Si vous payez assez cher !)

« Un rocher auquel il est permis de demeurer à terre ne pèse rien. » (Ram Tzu)

Aussi longtemps que dure l’hypnose divine dans laquelle je me considère être un individu séparé auteur de ses actes, il est impossible de faire l’expérience de cette Impersonnalité, qui est Ce Qui Est, qui est la Totalité sous-jacente au fait d’Etre. Mais la bonne chose fut qu’au travers de cet enseignement (de Ramesh), à travers tout ce processus, la recherche commença à faiblir. Le désir d’illumination, de liberté, de félicité commença à s’estomper – avec la compréhension que tout arrivait en accord avec la Volonté de Dieu, ou le Jeu de la Conscience, ou la Danse de Shiva, ou tout ce que vous voulez l’appeler.

La compréhension devint de plus en plus profonde que tout dans la manifestation survenait et se déroulait en toute indépendance – y compris toutes les pensées, toutes les actions, absolument tout ce qui se produisait à travers ce corps-mental particulier.

Tout concept d’Etres illuminés devient vraiment délicat, car il n’est pas d’Etres illuminés. L’Illumination pourrait être vue comme un transfert d’identification, un glissement de l’identification au mécanisme corps-mental à un retour vers la Totalité.

Voyez-vous, l’Illumination est un événement impersonnel, une Compréhension impersonnelle. C’est un Eveil impersonnel. Il n’y a personne qui ait fusionné avec l’Unicité. Il n’y a qu’Unicité.

C’est quelque chose qui survient ! Quelque chose qui fait partie intégrante de la pièce qui se joue ici ! Il ne s’agit pas d’un loupé cosmique. Cela fait partie de Ce qui Est. Le fait que vous soyez nanti du sens d’un agir personnel n’est ni l’erreur de Dieu, ni la vôtre. Cela fait partie du fonctionnement de la Totalité.

Il n’est pas de pièces à une seule face, pas de bâton à une seule extrémité. Cela n’existe pas. L’état de félicité éternelle, en tant qu’expérience, n’existe pas.

Je ne suis pas un érudit de la Bible, mais la phrase : « Sois tranquille et saches que Je suis Dieu » vient à l’esprit. Tiens-toi coi est saches que CECI est Dieu. Ce n’est pas là-bas. Ce n’est pas un état qu’il faille atteindre. C’est CECI.

(Volonté divine, cette Conscience qui agit) Et je me suis détendu dans cette perspective. Il y a eu réellement détente. Et cela s’est produit avant cette chute finale du sentiment d’agir personnel. (…) Le poids, la pression d’obtenir quelque chose s’en était allée.

Tout le monde conduit depuis le siège arrière avec un volant jouet sur ses genoux.

Le divin n’a jamais été absent du corps-mental. Le corps-mental est le divin. Il n’a aucun besoin d’entrer nulle part. Il n’est jamais « pas là ».

L’idée de l’agir personnel ne peut se défaire elle-même. Pas plus qu’une ombre ne peut se mouvoir par elle-même.

Le sens de l’agir personnel n’a pas de substance indépendante. Il est sans pouvoir. Le seul pouvoir qu’il ait, est le pouvoir de la Totalité. Il est le fonctionnement de la Totalité.

L’Illumination est une survenue impersonnelle.

Karma : Tout le malentendu à propos du karma « personnel » tourne autour de la notion qu’il y a un « vous » séparé qui est l’agissant. Une fois qu’il est entendu que la Conscience est l’agissant, alors toute la question de karma personnel tombe à l’eau.

Cependant, cette acceptation ne peut que survenir. Vous ne pouvez pas la provoquer volontairement. Elle ne peut que survenir. Et lorsque cela arrive, nous appelons cela la Grâce.

Toutes les fois que vous avez cette notion d’agir autonome, aussi subtile et spirituelle que soit la forme qu’elle puisse prendre, et cela peut devenir très subtil, (…), dès qu’il y a un « excepté » (Rien n’est en votre pouvoir, excepté être sincère, honnête, motivé…), et que vous ne le faites pas, vous l’avez dans le baba.

« Vous ne pouvez accepter ce que je vous dis ? Parfait, eh bien, souffrez ! » (Nisargadatta)

Corps-mental : gênes + conditionnement dynamique.

Il ne s’agit pas d’un refus de voir. Il s’agit d’une incapacité à voir.

Toutes les actions ont toujours été là. La chose entière a surgi d’un seul coup.

Oui, tout se déroule précisément tel que c’est supposé se dérouler, même quand la manière dont ça se déroule n’est pas celle que j’aurais souhaitée.

« Des directions ne sont nécessaires qu’à ceux qui ont une destination. » (Ram Tzu)

« Vous vous réjouissez de vous entendre dire que vous êtes sur la bonne voie.
Mais Ram Tzu sait cela, votre train ne va nulle part. » (Ram Tzu)

L’acceptation peut surgir à n’importe quel moment et interrompre l’implication horizontale.

« Votre barre n’est rattachée à rien. »

Vous n’avez jamais été l’agissant. Comment pourriez-vous arrêter de l’être ?

La compréhension sous-jacente est que le script entier a déjà été écrit, avec la prière, l’efficacité de cette prière particulière, et le résultat de cette prière.

C’est une description. Ce n’est pas une prescription.

Si la compréhension doit survenir à travers ce mécanisme corps-mental, peu importe quels concepts flottent par là. Ils sont tous dissous dans la Compréhension (les bons comme les mauvais, ceux qui sont utiles comme ceux qui entravent). Tous s’évanouissent.

Je ne faisais rien. « Rien » était en train de se faire.
Alors, si « rien » n’est entrain de se faire, comment enseigne-t-on ce « rien » ?

C’est le merveilleux paradoxe. Si vous savez que vous y êtes, c’est que vous n’y êtes pas.

Personne n’est illuminé. Toute expérience de compréhension arrive à un moi, et aucun moi ne peut jamais être illuminé.

Pour le sage, il n’y a pas de parenthèse de fin. Le sentiment d’un moi personnel ne réapparait que pour refermer la parenthèse (…) Par conséquent, il peut être dit que le sage ne se sait pas illuminé.

Un sage américain, Robert Adam, a suggéré un jour que nous organisions une convention des « Etres illuminés », et quiconque se présenterait serait aussitôt disqualifié !

Ce qui se passe, c’est que tombe le sens de l’agir personnel, le sentiment que je suis celui – en tant que moi limité – qui agit. Ce qui est compris, c’est qu’il s’agit d’un tout unifié.

Les trois options pour un individu qui se croyait illuminé mais qui vivait seulement une expérience temporaire d’unité :
- honnête
- mensonge
- redéfinir l’illumination de telle sorte qu’elle inclue le flip flop (je suis illuminé, mais je me stabilise dans l’expérience)

Mais quand l’illumination survient pour de bon, il n’est plus personne pour se stabiliser ou être délivré de quoi que ce soit !

Mais vous ne pouvez être perdu que si vous tentez de vous rendre quelque part.

Eveil temporaire : il y a expérience de la non-séparation. Vous pouvez dire que c’est une expérience impersonnelle, mais elle est expérience et en tant que telle, elle est temporaire.

(…) Quand la confluence des deux est telle que cela renonce à vous dans le même temps où « vous » renoncez à cela, toutes les apparences sont réunies pour laisser croire que vous possédez un pouvoir sur les choses d’une certaine manière.

Par conséquent, tant que le sens de l’agir personnel se trouve là, il y aura cette impression que c’est vous qui « faites » et que si vous n’êtes pas parvenu à vos fins, la seule conclusion logique, c’est que vous ne vous y êtes pas bien pris (…) C’est la seule conclusion raisonnable. Ou alors, il y a la conclusion déraisonnable, qui est que vous n’êtes pas celui qui fait, et que ce qui s’est passé à travers ce mécanisme corps-mental n’aurait pu être autrement.

Il n’y a rien, absolument rien que vous pourriez faire autrement. En cela, il y a un incroyable réconfort.

(…) C’est le sens d’un agir personnel, le sentiment d’être celui qui agit qui fut annihilé (…) C’est le sentiment que cette personnalité, l’ego, est l’agissant qui a disparu. Le lieu géographique de l’agir a effectué une translation de l’individuel à l’Un.

Fin de l’illusion : On a un mécanisme en lequel il n’y a pas la surimposition d’un sentiment d’agir individuel.

Cette compréhension n’avait jamais cessé d’être là. Ce qui se dissipa, c’est un voile illusoire, pas quelque chose de substantiel. Il n’y eut rien du tout de changé. Tout était exactement tel que cela avait jamais été et serait jamais. Tout ce qui était, était parfait. Tout, simplement, était

Qu’il y ait ou non Compréhension n’y change rien car la Compréhension n’a rien à voir avec le mécanisme.

Par conséquent, ce qui disparaît, c’est le sentiment d’un agir personnel – pas la structure de l’ego.

Il y a des aspects de la personne qui sont associés au sens d’un agir personnel. Orgueil et culpabilité sont directement associés au sens d’un agir individuel.

Il s’agit d’opérer une distinction entre le mental pragmatique qui manœuvre le mécanisme et qui est l’instrument du faire dans le phénoménal, et le mental ratiocinant qui se considère comme un agissant indépendant et s’implique dans la durée et l’horizontalité. Chez le sage, le mental ratiocinant est absent.

La quête s’est mise en route d’elle-même. Par conséquent, vous ne pouvez abandonner ! (…) C’est exactement la même chose que d’avoir des rapports sexuels avec un gorille de 300 kg. Vous n’en avez pas fini tant que le gorille n’en a pas fini.

Voilà l’acceptation. Vous acceptez de ne pas toujours être dans l’acceptation. En cette acceptation, il y a la paix.

Mais à tout instant l’acceptation peut survenir et couper l’implication, et alors vous êtes dans le présent ! Et dans l’instant présent il n’y a que paix.

Dans la paix qui surpasse toute compréhension, dans cette paix, il n’est pas d’opposé conditionné.

Vous ne revenez jamais… car vous n’êtes jamais parti nulle part.

Mais il n’y a pas d’entité là, pas plus chez le sage que chez la personne ordinaire. Il n’y a que l’apparence d’une entité chez une personne ordinaire.

A l’instant de la Compréhension, le lieu géométrique, le cœur de toute perception d’un agir indépendant s’effondre et laisse transparaître l’Infini. Le mécanisme corps-mental, lui, poursuit son existence comme auparavant, répondant aux stimuli de la vie dans la manifestation de la même façon qu’il l’a toujours fait.

Il n’y a pas d’intellectualisation à l’œuvre dans l’instant présent du sage.

Le monde est Dieu rendu manifeste (comme les feuilles de l’arbre rendent le vent manifeste).

L’humilité véritable, c’est savoir que « je ne suis pas l’agissant ».

Chez le sage à Ce qui est constant cependant, c’est l’effacement au second plan du mental ratiocinant qui ne parasite plus les opérations du mental pragmatique et l’absence d’implication horizontale et de jugement.

Chez l’homme ordinaire à Il règne l’illusion d’une capacité de choix.

Ce qui différencie le mécanisme corps-mental du sage de celui de la personne ordinaire, c’est que chez le sage, il n’y a aucun sentiment d’agir personnel associé à la pensée, l’action ou l’émotion.

Tandis que dans le cas du mécanisme corps-mental en lequel il n’est aucun sens d’agir personnel, il n’y a jamais d’implication par le moi, par conséquent l’acceptation peut être considérée comme toujours présente.

Ce vers quoi pointe l’advaita, c’est la rupture du cadre, pas la création d’un nouveau contexte pour l’expérience, vous voyez ? (Thérapies, psychologie, philosophie, religions… élargissent le cadre ou le rigidifient).

Ce sentiment d’agir personnel est une croyance (hypnose divine). Une croyance erronée. Il n’existe aucun agir autonome, séparé. Il n’y a que l’idée que l’on s’en fait. Mais il n’est pas d’agir personnel en aucun des mécanismes corps-mental (sage ou homme ordinaire, idem). Quand ce qui n’a jamais été est révélé comme n’existant pas, rien n’a changé.

C’est en fait l’absence de quoi que ce soit pour être conscient du fait que nous ne sommes tous rien d’autre que Conscience.

La réalisation que tout – même la non-acceptation - fait partie du fonctionnement de la Totalité, est acceptation. Et c’est ce qui se passait pour moi, avec une fréquence accrue.

L’Illumination arrive soudainement et sans avertissement. C’est un événement impersonnel qui survient à travers un mécanisme corps-mental et jamais à quelqu’un.

 

Wayne Liquorman:"L’accueil de l’évidence."
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1 décembre 2015 2 01 /12 /décembre /2015 09:31
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30 novembre 2015 1 30 /11 /novembre /2015 10:32


"Un homme de paix n’est pas un pacifiste, un homme de paix est simplement un espace de silence. Il impulse une nouvelle sorte d’énergie dans le monde, il chante une chanson nouvelle. Il vit d’une façon totalement neuve.
Sa manière même de vivre est du domaine de la grâce, de la prière, de la compassion.
Qui que ce soit qu’il touche, il crée davantage d’énergie d’amour.
L’homme de paix est créatif.


Il n’est pas contre la guerre, car être contre quoi que ce soit, c’est être en guerre. Il n’est pas contre la guerre, il comprend simplement pourquoi la guerre existe. Et à partir de cette compréhension, il devient paisible.


C’est seulement lorsqu’il y aura beaucoup de gens qui seront des fontaines de paix, de silence, de compréhension, que la guerre disparaîtra."

Osho

 

http://spinescent.blogspot.fr/

Osho: "Un espace de silence."
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30 novembre 2015 1 30 /11 /novembre /2015 09:42
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30 novembre 2015 1 30 /11 /novembre /2015 09:42
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30 novembre 2015 1 30 /11 /novembre /2015 09:34

 

"Le bonheur est disponible maintenant

 

tel un présent ouvert, telle une évidence cachée.

 

Seule l'illusion du "je" et ses jeux nous en séparent.

 

Lorsque ce voile s'efface, notre nature véritable se révèle :

 

Espace infini de liberté, de paix et de joie ;

 

Plénitude de vie et d'amour.

 

Cet espace ne nous a jamais quitté

 

car il est ce que nous sommes ;

 

Il est notre Coeur éternel.

 

Somasekha

 

 

 

 

Somasekha: "Disponible maintenant."
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30 novembre 2015 1 30 /11 /novembre /2015 09:33
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30 novembre 2015 1 30 /11 /novembre /2015 09:31

 

"Vous vivez dans l'illusion et l'apparence des choses. Il y a une réalité mais vous ne la reconnaissez pas.

Quand vous la réalisez, vous voyez que vous n'êtes rien. Et n'étant rien, vous êtes tout. C'est tout !"

 

Kalou Rinpoché

 

http://eveilphilosophie.canalblog.com/

Citation du jour.
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30 novembre 2015 1 30 /11 /novembre /2015 09:15
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30 novembre 2015 1 30 /11 /novembre /2015 09:05

 

 

"Le mythe de Narcisse, un des plus grands mythes qui soient, est extrêmement signifiant pour tout chercheur spirituel. C’est à mon avis le seul grand mythe qui nous donne de la manière la plus concrète, la plus évidente, la clé des retrouvailles avec notre véritable nature.

C’est un mythe qui nous dit très fortement et même très brutalement où est notre erreur fatale, c’est à dire comment nous nous enfermons dans une croyance mortelle. Mais c’est aussi un mythe qui annonce la bonne nouvelle. Car si nous réalisons en pleine lumière comment nous avons été emprisonnés, par quel processus, par quels moyens, alors peut-être serons-nous dans les meilleures dispositions pour nous délivrer, en faisant le chemin en sens inverse, en retournant là où nous sommes déjà . Tout chemin spirituel est un voyage paradoxal, puisqu’il s’agit de revenir en un lieu que nous n’avons jamais quitté !

Rappelons ce mythe qui est décrit par Ovide dans ses Métamorphoses. En voici les aspects essentiels : Narcisse était un jeune homme d’une grande beauté, mais plutôt vaniteux et tout à fait indifférent à l’amour qu’il suscitait chez de nombreuses jeunes beautés en particulier la merveilleuse nymphe Echo. Un jour, alors qu’il cherchait à fuir ses soupirantes, il s’approcha d’un lac dont les eaux très pures et très profondes formaient un miroir parfait. Narcisse se pencha alors pour se désaltérer et il aperçut son image pour la première fois. Il fut absolument émerveillé par la beauté de cette image, elle exerça sur lui une telle fascination qu’il voulu « être cette image ». Il se pencha pour essayer de faire un avec l’image ensorcelante. Il perdit l’équilibre, tomba dans le lac et se noya.

Nous sommes bien sûr habitués à une lecture psychologique de ce mythe : le narcissisme est un amour névrotique, exagéré de soi-même. Mais en fait, il existe une lecture spirituelle de ce mythe qui est tout aussi simple et extrêmement riche de sens. A partir du moment où je me prends pour mon image, pour mon apparence, pour mon moi, pour mon visage, pour ma per-sona, la sanction est terrible et sans appel : c’est la mort. Tant que Narcisse se contente de regarder son image à partir de la berge en la considérant comme étant là-bas et non pas ici, tant qu’il la considère comme distincte de lui, il reste en vie. Mais devenir cette image réfléchie signifie tout simplement mourir.

Or le mythe de Narcisse, c’est la description du processus d’éducation du petit de l’homme. C’est la description de ce que l’on appelle en psychologie « l’acquisition de la personnalité ». Mais pour nous chercheurs spirituels , cette acquisition de la personnalité aussi indispensable qu'elle puisse être, représente également le processus même de l’identification de la conscience à une forme qui porte un nom.

N’oublions pas qu’éduquer veut dire « mener en dehors de », en dehors de l’infantilisme certes, mais en même temps et inévitablement, l’éducation c’est exiler le petit enfant de sa véritable nature, véritable nature dont il n’a pas encore conscience. Voyons cela d’un peu plus près. Un bébé est par définition tout petit, mais il est tout petit pour nous adultes, observateurs extérieurs. Un bébé n’a pas conscience d’être, comme un bébé n’est évidemment pas enfermé dans l’idée qu’il est un bébé. Le bébé pour lui-même est totalement sans limites, il est ouvert, totalement ouvert. Il ne faut pas chercher ailleurs la fascination qu’exercent les bébés sur toute personne suffisamment présente et sensible, quelquefois même, cette fascination débouche sur un malaise.

Un bébé qui nous regarde, c’est Dieu qui nous regarde, l’Etre, la Conscience en direct, sans le prisme déformant du mental, des concepts et des croyances. Quelquefois, on peut retrouver la même perception en face d’un vieillard , d’un homme ou d’une femme arrivé sereinement pour ne pas dire joyeusement au crépuscule de sa vie, et qui est là, simplement sans attente, mais rayonnant d’Etre, de présence, de conscience et de silence. C’est malheureusement de plus en plus rare. C’est beaucoup plus facile d’avoir l’occasion de vivre cette expérience avec des bébés.

En relisant les évangiles, il est toujours frappant de noter l’importance que Jésus accorde au nécessaire retour à l’innocence mentale de l’enfant, à la fraîche, naïve et pure présence du tout petit. Dans le logion 4 de l’Evangile de Thomas, Jésus a dit : « Alors le vieil homme demandera au petit enfant de sept jours comment accéder au lieu de vie, et il vivra ».

 

http://ipapy.blogspot.fr/

Narcisse.
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La Vie est ce qui est

cequiest:

"Et ceci est ce qui arrive… lire ces mots, entendre des sons, ressentir, penser « alors, et après ? ». Et bien « après » est encore ceci ! la Vie étant simplement ce qui est… l’avènement dans l’anéantissement, la fin dans le commencement, le rien dans le tout."
                                                                                                                                                 Tony Parsons

Rechercher

Le Paradis est déjà là !



"Nous prétendons que nous avons perdu la paradis seulement pour la joie de le retrouver à nouveau. Quand le paradis est retrouvé , il est réalisé qu' il n' avait jamais été perdu.
Mais aussi longtemps que nous cherchons le paradis, il est impossible de remarquer qu'il est déjà là."
                                                                                                                                         Richard Sylvester

Relaxe toi, tu es déjà arrivé !

Vous imposez des limites à votre véritable nature d'être infini, puis vous vous désolez de n'être qu'une créature limitée, ensuite vous mettez en œuvre des pratiques spirituelles pour transcender ces limites inexistantes. Mais si votre pratique même implique l'existence de ces limites, comment pourraient-elles vous permettre de les transcender ?        

                                                                                                                                              Ramana

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