Overblog Tous les blogs Top blogs Religions & Croyances
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Bavardage sur le Tout en particulier et le Rien en général. Psittacisme sur Ce qui est. Textes , vidéos; citations, images sur la non-dualité (advaita védanta, shivaisme du Cachemire, soufisme, dzogchen, zen, chan, mystique chrétienne, néo advaita, éveillés sauvages, spiritualité laïque non-duelle,...)

Publicité

Simplement ceci. (2)

 

Autre Interlocuteur: J'ai aussi expérimenté l'état dans lequel il semble être à présent, cette sorte d'expérience sans expérience, qui dura pour moi trois ou quatre semaines. Je me sentais complètement vide, clair, présent, un avec tout ce qui est. Tout continuait simplement de soi-même, c'était vraiment indescriptible et beau. Mais après un certain temps mon mental est revenu, plus fort que jamais. En fait je suis entré dans une sorte de forte dépression, et je me suis senti perdu pendant quelques temps. J'ai peur de renouveler cette expérience.

Mooji: Quelle expérience ?

I: l'expérience folle. 
(rires)

M: Le soi réel est la toile de fond immuable qui sous-tend le monde phénoménal et changeant. C'est uniquement une conscience impersonnelle, immuable et bienheureuse. Sur le plan de l'expérience, elle brille comme la pure sensation subjective consciente « je suis ». Ce « je suis » est impersonnel et synonyme de conscience (le champ de la perception). C'est l'expression directe d'une pure subjectivité. Sri Nisargadatta Maharaj, le grand sage, le décrit comme une porte qui s'ouvre d'un côté sur la manifestation et de l'autre sur l'infini. C'est une expression magnifique. Tous les évènements apparaissent comme des mouvements dans la conscience et sont connus dans et par cette conscience « je suis ». C'est le « témoin », le principe d'observation, ce que nous sommes, tandis que le corps est ici.

I: Alors sommes-nous le corps ou « dans » le corps ou encore quelque chose de séparé ? Parce que... 
(L'interlocuteur commence à rappeler des expériences et des observations...)

M: Laissez tout ça de côté pour le moment. Restez seulement ouvert, permettant à ce qui est dit d'être simplement entendu dans la conscience. Ne vous saisissez pas d'une pensée ou d'une idée particulière, comme par exemple : « que faire avec ce qui est entendu ». Laissez juste l'écoute se produire. Vous êtes là, derrière le mental qui écoute. Observez la pensée « je », ce n'est pas le vrai « je suis ». Cela arrive quand le « je suis » impersonnel est identifié au corps, qui est seulement l'instrument à travers lequel il s'exprime, avec l'aide de la force vitale, la puissance qui anime. Cette association donne lieu à l'ego, l'individualité, la sensation « moi ». Donc vous voyez, le sens de l'individualité ne peut exister sans le support de la conscience impersonnelle, et ne peut être lui-même que l'expression de cette conscience créative. Mais à présent celle-ci fonctionne comme conscience conditionnée, croyant être le corps-mental. Ensuite survient la connaissance de « l'altérité » et le besoin élémentaire de se protéger. Les goûts et dégoûts apparaissent, avec les jugements, la peur, les désirs, les attachements et tout le jeu des contraires. En tant qu'individus, nous sommes fascinés par l'expérience, c'est comme une drogue. C'est naturel et nullement « mauvais » en soi , quand c'est vu comme le jeu ou l'expression de la conscience manifestée, conscience que nous sommes. Mais quand c'est vu depuis l'angle de l'identité individuelle, qui a son petit agenda privé : gros problème ! (rires)
A présent, écoutez : il n'y a là rien de particulier à « faire » ni personne pour faire ou défaire. Un changement doit juste avoir lieu dans la compréhension, et tout se mettra en place. Tout cela est un. Prenons l'exemple d'une antenne téléscopique de voiture, c'est un seul élément : cela représente l'absolu. Allongez l'antenne d'un cran, le « je suis » impersonnel apparaît, c'est toujours un seul élément. Allongez-la encore : la pensée « je » ou « moi » en tant qu'individualité jaillit et au même moment le monde manifesté personnel entre en jeu. Comme des poupées russes : l'une à l'intérieur de l'autre, successivement, et pourtant c'est toujours un tout ! Une unité s'exprimant comme le manifesté et le non-manifesté, deux aspect d'une même réalité. Telle est la pièce dans le théâtre de la conscience. Vous êtes le témoin ultime : joyeux, inaltérable et complet. Vous êtes Cela ! Il n'y a là rien de personnel, ce n'est pas un compliment que je vous fait.

I: S'il vous plaît, pourriez-vous répéter le point sur « le théâtre de la conscience » ?

M: Non ! Je ne peux pas répéter. Pour le moment, soyez attentif, ouvert et présent, mais neutre, sans laisser votre attention se dissiper ou se poser sur quelque chose en particulier. C'est cette position que je vous propose d'adopter. Ayez confiance en votre écoute intuitive. C'est votre mental qui, tel un chercheur attentif, recherche l'exactitude, et se trouve pris par le sentiment de passer à côté de quelque chose de vital. A ce stade, c'est une sorte de résistance, d'évitement. Mon conseil est le suivant : si vous manquez quelque chose, laissez-le simplement s'en aller. Tout est bien pour le moment. Le « vous » réel est là et derrière tout ça, observant sans effort d'où le sentiment de perdre et de trouver survient, d'où il est senti mais rejeté comme irréel - « neti neti » comme disent les jnanis. En tant que conscience, vous n'êtes aucune sensation en particulier. Les pensées et les sentiments vont et viennent comme des vagues jouant à la surface de l'océan. Laissez toute chose venir et partir, d'elle-même, c'est une chose naturelle pour les vagues. L'océan, l'eau, les vagues : tout cela est pareil. Restez en tant que témoin seulement. Pour la conscience, rien n'est perdu ou trouvé, rien n'est bon ou mauvais. C'est le substrat immaculé sur lequel danse les ombres du mental, du monde de noms et de formes, qui semblent ainsi exister.

I: Mais Mooji, cette vigilance c'est pour être sûr que nous comprenons bien, pour éviter les incompréhensions. Surtout pour moi, pour qui tout ça est nouveau. De plus, de nombreux textes et maîtres présentent la vigilance comme une qualité nécessaire à la croissance spirituelle.

M: C'est vrai s'il y a réellement « quelqu'un » pour faire usage de cette compréhension. Mais si vous examiniez réellement les choses, ce « quelqu'un », cette « personne », cet « individu » serait introuvable ! Tout n'est que conscience : le « vous », le « moi », la parole, l'écoute, le satsang, tout le monde ici présent. Tout n'est que conscience, voilà la merveilleuse découverte ! La conscience conversant avec la conscience sur la conscience à travers la conscience. Comme c'est simple ! Et pourtant tellement inexplicable quand on le recherche au travers de l'ego-mental. Regardez, je vous indique là où vous êtes à l'instant même, et vous dis de rester avec ça et rien d'autre, mais votre mental s'est arrêté sur un point qui l'intéresse. Pendant que vous êtes occupé à vous agripper à ça, vous passez à côté de tout le reste : c'est le jeu de « Maya » (l'illusion cosmique). C'est comme de lire un livre sur les fruits exotiques et le reggae, pendant que vous vous baladez dans le marché de Brixton ! (rires) Un maître zen nommé Bankei a dit la chose suivante : « C'est comme un homme sur un bateau en mer qui fait tomber son épée par dessus bord, et qui fait une marque sur la coque à l'endroit où elle est tombée à l'eau » (nombreux rires)

I: Juste quand vous avez dit ça, tout s'est arrêté. Je ne peux pas penser, il n'y a plus de pensée. (Levant la main à sa bouche) C'est stupéfiant !

M: Qu'est-ce qui voit tout cela ?

I: Rien... je.

M: « Je »-rien, observant le mental arrêté. Quand le mental est arrêté, peut-on toujours l'appeler le mental ? 
(pause...)

M: Et maintenant ?

I: Silence et paix.

M: Pour qui ?

I: Ici... pour moi.

M: Pour vous ? Êtes-vous sûr ? Où, quoi, comment êtes vous là-dedans ?

I: Pas moi, juste le silence et une paix profonde, et un réel sentiment de gratitude. Est-ce que c'est ça ?

M: A vous de me le dire.

I: Oui. De la gratitude pour le fait d'entendre et de voir ça si clairement. Merci.

M: Je vous en prie. Le Soi remerciant le Soi. Magnifique ! 

http://mooji.org/dialogue_00_fr.html

Publicité
Simplement ceci. (2)
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article