Bavardage sur le Tout en particulier et le Rien en général. Psittacisme sur Ce qui est. Textes , vidéos; citations, images sur la non-dualité (advaita védanta, shivaisme du Cachemire, soufisme, dzogchen, zen, chan, mystique chrétienne, néo advaita, éveillés sauvages, spiritualité laïque non-duelle,...)
Il y a plus de vérité dans un nocturne de Chopin que dans cent de leurs satsangs idiots où l'on répète à l'envie des vérités spirituelles mortes. Il y a plus de vérité dans le cri d'un enfant que dans tous ces soutras usés que les traducteurs ont souvent martyrisés de leur bon sens, ou pire, de leur érudition. Il y a plus de vérité dans cette sensation, que dans toutes les idées que nous pourrions nous en faire.
La vérité, c'est la sensation. Sentez. Sentez comme chaque partie sensible de votre corps rit, vit, respire, meut. Il n'y a rien de géométrique, rien de mort dans le corps, rien qui ne soit sensible et vivant. Nous allons vers la vie, pas vers un système, y compris non-duel. Nous nous fichons des formulations, aujourd'hui, nous les brûlons en chantant pour fêter la fin de l'hiver qui commence à frémir.
Nous les brûlons en sacrifice à la merveille de se sentir vivant en cet instant. Revenir, redevenir ici. Être, être à nouveau, dans la simplicité pure de l'écoute, sans réparer, c'est à dire sans savoir. S'offrir à la vague du monde qui se déploie et bouge et chante et revient s'écraser en silence : le sommeil nous visite au soir.
Je ne veux pas de la spiritualité, non : je veux la vie. Je ne veux pas de mes idées du monde, non : je veux le monde. Encore et encore, fondre à la lumière du réel, de mon amour, de mon désir – fondre en l'intensité qui est la forge de tous les univers manifestés. Donnez-moi Rimbaud, donnez-moi Rachmaninov ou Mozart : donnez-moi des gens plus occupés à vivre, à aimer, à sentir, à explorer cette vie qu'à devenir des pontes, des discoureurs respectables et respectés.
Enfin, se libérer du complexe du bon élève ! Se libérer des bonnes réponses ! Et s'il n'y avait pas de réponses, ni bonnes, ni mauvaises ? S'il n'y avait que cela : l'exploration ? Si notre amour du réel, si cette symphonie de l'existence qui s'étale et qui jouit et qui pleure, n'avait pas de cadence finale, pas de conclusion, pas d'autre fin – dans tous les sens de ce terme – que cet instant ?
Pas d'autre fin, pas d'autre sens que mon écoute, que mon amour, que l'émerveillement.
Et si tout était, absolument, complètement, radicalement : gratuit ?
Texte : Pierre-Antoine