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20 avril 2013 6 20 /04 /avril /2013 08:43

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Le fait d’être m’a toujours intrigué. Très jeune déjà, cette conscience m’interpellait et j’éprouvais quelque frustration à ne pouvoir la cerner et encore moins à l’expliquer. Je me tenais devant l’évidence d’être comme on se tient devant son miroir. J’ETAIS ! Une réalité indéniable. Quelle étrange et mystérieuse affaire… Personne ne semblait s’y intéresser. J’observais les gens vaquer à leurs occupations comme si le fait d’être était pris pour acquis et ne méritait guère qu’on y prête attention, la question étant laissée aux philosophes et à la religion…

 

Lorsque je fus happé par les exigences intellectuelles de l’école, l’évidence d’être perdit sa fraicheur, reléguée à l’arrière-plan, cédant la place au mental et au développement d’une personne amenée à faire sa place dans le monde. Bien que recélant une énigme insondable, ma présence m’apparut de plus en plus « plate » et « fade » si bien que je me demandais souvent s’il n’y avait que « ça », peinant à faire sens de mon existence et à trouver une voie qui reflète un tant soit peu le mystère qui m’habitait.

 

« Être » ne suffisait pas à mon bonheur ; j’en voulais davantage ! J’aspirais à quelque chose de plus grand, de plus beau et de plus intense, pressentant que la réalité de l’être, occultée par le formidable aimant du monde et par quelques barrières invisibles, n’avait pas encore livrée tous ses secrets. À cette époque j’étudiais le chinois et le japonais à l’Université de Genève, avec le souhait de me rapprocher des philosophies orientales et du Taoïsme… En vain. Je me remplissais d’une connaissance desséchée qui m’encombrait plus qu’elle ne me libérait, alors que j’avais soif d’une réponse vivante !

 

Mon aspiration prit corps au contact du mystique Osho et trouva enfin un objet : l’Eveil ! Dès lors, ma vie s’organisa dans le sens de cette recherche et je me mis assidument à la poursuite de « l’illumination », explorant les extrêmes, pensant naïvement que je parviendrais à découvrir, sans savoir ni où ni comment, un trésor caché et à regagner un paradis perdu qui effacerait à tout jamais mes tourments.

 

Passionné par ce nouveau champ d’exploration, je cultivais en secret l’espoir de m’élever dans la dimension « divine » pour accéder à un bonheur suprême. Ma recherche satisfaisait à mes besoins en me nourrissant d’aventures, de rencontres, d’expériences insolites et palpitantes. Je partageais mon temps entre la nécessité de gagner ma vie, m’efforçant d’évoluer professionnellement, tout en répondant à un impératif intérieur qui me poussait en avant, toujours plus loin, dans la quête de réponses, d’expériences et de compréhension.

 

La spiritualité, telle que je me l’imaginais, se confondait alors avec la thérapie et le développement personnel, les frontières étant parfois floues. Je marchais à tâtons, soulevant chaque pierre, avide de nouvelles sensations et porté par l’espoir de pouvoir enfin gommer mes faiblesses et mes meurtrissures sans me douter que le moteur de ma quête puisait sa force dans le désir d’échapper à mes peurs et à mes peines…

 

La quête s’est progressivement essoufflée puis enlisée. Je n’allais nulle part. Rattrapé par mes ombres, je me tenais devant mes failles, mes manques et mes douleurs, dépouillé du verni des enthousiasmes que je m’étais plu à considérer comme des élans « divins »… J’avais lu et écouté les maîtres mais je ne les avais pas entendus, manipulant leur vérité à mes mensonges, détournant leurs enseignements au profit de la personne que je pensais être, m’efforçant de l’embellir et de la rendre plus « spirituelle ». L’échec était cuisant et je prenais de l’âge. Qu’avais-je fait de ma vie ?

 

Au bord de l’épuisement, désespéré et désillusionné, je commençais à me demander si l’Eveil existait vraiment ou si je ne m’étais pas laissé embarquer dans une monstrueuse arnaque « spirituelle » ! Après avoir investi tant de temps, d’argent et d’énergie à rechercher « l’illumination », l’idée d’avoir parcouru ce chemin en vain m’était insupportable. Puis, j’ai rencontré ma future épouse et Barry Long, un maître spirituel de l’Occident, des rencontres essentielles qui changèrent le cours de ma vie. Barry, d’abord, pour m’avoir ramené « sur Terre » et dans le corps, m’apprenant à souffrir utilement et intelligemment en cessant de fuir et de lutter contre ce que je n’acceptais pas en moi-même (et de moi-même). Ma compagne ensuite pour avoir partagé cet enseignement et l’avoir mis en pratique au quotidien, dans notre couple, en exposant et en examinant toutes les ombres susceptibles d’occulter ou d’entamer l’amour que nous n’avons jamais cessé d’éprouver l’un pour l’autre.

 

À l’image d’une vitre recouverte de nombreux films opaques, il m’a fallu du temps pour me détacher des illusions et des identifications qui obscurcissaient la perception claire et directe de ma vraie nature, de cette « qualité d’être » qui n’avait jamais cessé de me « hanter ». J’ai compris alors que le corps était la porte d’entrée et qu’il était indispensable de déjouer mes résistances pour SENTIR et accueillir tout ce que ma vie intérieure livrait à ma perception. Cette nouvelle disposition m’engagea dans une dynamique particulièrement exigeante, décrite, pas à pas, dans un livre intitulé : « l’Aventure intérieure ».

 

Dans ce qu’il y a lieu de décrire comme une « première phase », j’ai appris à identifier et à comprendre le fonctionnement de mes résistances (l’ego). J’ai pris conscience des manœuvres me permettant d’éviter toute confrontation avec la peur et la douleur, jusqu’à ce que je sois en mesure de lâcher prise et d’accueillir ce qui remontait à la surface de ma perception. Les blessures du passé se sont ainsi délogées de ma chair, affranchies de mes luttes et de mes esquives, pour être consciemment accueillies dans mon ressenti et finalement acceptées. C’est à ce moment que j’ai réalisé à quel point elles avaient entravée et gâché ma vie, et surtout combien j’avais souffert de les avoir gardées en moi aussi longtemps !

 

La deuxième étape fut marquée par l’entrée dans le vide de moi-même, au cœur d’une « déficience d’âme » qu’il m’a fallu traverser comme un désert. Au fur et à mesure de ma progression, des couches de peine plus subtiles et plus profondes ont émergé, dévoilant des aspects oubliés et parfois très anciens de mon histoire personnelle. La personne que je pensais être commença alors à se vider de ses contenus et à imploser, ouvrant une brèche à un feu invisible, de nature psychique, mais néanmoins clairement perceptible dans mon corps, et particulièrement irritant pour les pans de mon identité qu’il faisait fondre comme neige au soleil.

 

Au cours de la troisième phase, les « attaques » de ce feu intérieur se sont intensifiées, réduisant considérablement l’iceberg que j’avais considéré comme mon « moi » solide et irréductible. Après avoir traversé toute l’épaisseur psychique de la personne (l’enfer en moi), je me suis approché de la douleur fondamentale autour de laquelle le soi émotionnel s’était construit et cristallisé. Extrêmement bien protégé par l’ego, acharné à lancer dans la bataille ses meilleures forces, le noyau de peine a finalement cédé sous les assauts de la puissante énergie de la vraie nature et libérant la lie de ma condition humaine.

 

Il restait encore un dernier obstacle à la réalisation de l’état naturel : la dissolution de ma volonté personnelle ; une phase des plus exigeantes lors de laquelle mes bras de levier cédèrent le pas à une Intelligence Supérieure. Je fus contraint à m’en remettre à plus grand que moi, à travers des effondrements intérieurs déchirants dans lesquels s’engouffrait la puissante énergie de l’être. C’était le moment de la rupture définitive avec la sensation de moi-même, celle qui m’avait accompagné durant des décennies et que j’avais considérée à tort comme ma vraie nature.

 

La dissolution de ma volonté personnelle acheva de m’extraire du camp retranché du moi et me remis entre les mains d’une Puissance de vie inconcevable. La réalité d’être, affranchie des « enveloppes » qui l’entouraient révéla alors son immensité, sa simplicité et sa profondeur. Dépouillé de ma fausse identité et des filins invisibles qui m’attachaient au corps, aux pensées et aux émotions, je pris alors conscience de ma vraie nature comme un poisson prend conscience de l’eau dans laquelle il nage. Mais contrairement à ce dernier, ma vraie nature n’a jamais été un objet extérieur à moi-même mais l’essence même de ce que je suis et que je n’ai jamais cessé d’être.

 

Les verrous levés, l’évidence d’être livra enfin le secret d’une conscience reconduite à elle-même. À l’image d’une rivière se jetant dans l’océan, le « je » s’est finalement offert et uni au « suis » révélant dans son effacement la complétude qu’il avait toujours recherchée.

 

 

Darpan « l’Aventure intérieure », se libérer de la souffrance et réaliser sa vraie nature. (Editions du nouvel Homme, 2010)

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18 avril 2013 4 18 /04 /avril /2013 09:02

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Eh oui, on aime bien aimer certaines façons de voir l’éveil !

Le problème, bien sûr, c’est que toutes les façons de voir l’éveil n’ont qu’un but : empêcher l’éveil.

Prenons le cas de l’éveil paresseux.

C’est vrai que c’est cool… mais, en réalité, Ramana ne s’est pas contenté de dire « restez tranquille ». Il a aussi dit « Il faut faire des efforts ».

Alors, il était fou, ou quoi, ce Ramana ?

Ben non, il était simplement passé de l’autre coté des paradoxes !

Le gros problème, de nos jours où la Tradition est globalement révélée à tous sans considération du « poids de l’ego » de chacun, c’est qu’on fait son choix au supermarché des enseignements spirituels et qu’on s’accroche à une facette en niant toute valeur aux autres facettes.

Or, la valeur est dans la pièce entière, pile et face.

S’il suffisait de faire des exercices spirituels ou, inversement, de ne rien faire, l’éveil serait à la portée du mental égocentré… puisqu’il suffirait de suivre les instructions et de s’en tenir au plan.

Que ce soit la version « effort » ou la version « paresse », l’ego est à son affaire : il a sa « façon de voir l’éveil » et son modus operandi.

Mais hélas, l’éveil c’est précisément la disparition de l’ego. Et ça, l’ego ne peut évidemment pas le planifier, ni l’organiser ni même en avoir la moindre idée.

Par conséquent, toutes les idées qu’il s’en fait, comme par exemple ces modèles de l’effort ou de la paresse, doivent disparaître avec lui.

Mais alors, pourquoi la Tradition et les Maîtres nous proposent-ils ces modèles ?

Ne feraient-ils pas mieux de se taire ?

Je suis sûr qu’ils préfèreraient se taire… mais on ne le leur permet pas.

Alors ils causent. Et chaque fois qu’un mental égocentré croit « blanc », le Maître oppose « noir ». Alors le mental se met à croire « noir », et il faut qu’un nouveau Maître enseigne « blanc ».

Parce que l’ennemi de l’éveil n’est rien d’autre que la « façon de voir l’éveil ».

Blanc ou noir ? Non, ni blanc, ni noir !

Ni blanc, ni noir ? Non, blanc et noir !

Blanc et noir ? Non, ni « blanc et noir », pas plus que « ni blanc ni noir » !

La Tradition invite à franchir les paradoxes… parce que le mental ne peut pas les franchir.

Autrement dit, dépasser un paradoxe revient à abandonner le mental.

Voila pourquoi il faut faire des efforts pour être paresseux.

Cela dit, bien souvent, le franchissement du paradoxe est grandement facilité par cette progressivité qu’on appelle « le Chemin ».

On a le droit de prendre (ou même de perdre) un peu de temps avant de sortir du temps.

Dans le cas qui nous occupe, Annamalai Swami avait coutume d’user de la métaphore de la fusée pour expliquer ce Chemin. La fusée, disait-il, a besoin d’énormément d’efforts pour échapper à l’attraction terrestre, mais, une fois en apesanteur, plus aucun effort n’est requis.

C’est très simple à comprendre. Pourtant, l’ego spiritualiste postmoderne semble refuser de comprendre ça.

On voudrait faire décoller la fusée avec pas plus d’énergie que ce qu’elle dépensera en apesanteur.

Ça va pas le faire !

Bref, l’éveil paresseux ne s’adresse qu’à ceux qui sont en train d’échapper à l’attraction de l’ego.

Pour ceux que l’ego attire encore trop, la paresse reste un vilain défaut !

Car ça ne peut être que la paresse de l’ego.

 

Bernard Klein

 

http://vous-y-etes.com/2013/04/un-monde-de-dingues-interview-de-jean-marc-mantel-2/#comment-3731

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6 avril 2013 6 06 /04 /avril /2013 10:11
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Il est essentiel de savoir qu’il existe aussi des enseignements qui mettent d’avantage l’accent sur l’immédiateté de l’éveil et qui pointent directement vers notre vraie nature sans s’embarrasser des problèmes supposés de l’ego. Des traditions comme le Dzogchen, le Shivaïsme du Cachemire, le bouddhisme T’Chan ou le néo-advaita contemporain proposent un chemin abrupt pour arriver au même but. Il y a me semble-t-il, deux voies d’éveil principales à soi, ou si vous voulez deux tendances présentes dans ces enseignements non-duels : l’une progressive, l’autre subite. La première affirme qu’il existe des voiles qui nous masquent notre vraie nature. La pratique spirituelle consiste dans ce cas à lever ces voiles peu à peu, de manière temporelle et graduelle.
La seconde voie, la voie directe, soutien au contraire que nous pouvons nous éveiller immédiatement et instantanément à ce que nous sommes.
Le débat entre voie graduelle et voie subite est ancien et complexe.
Certains mystiques contemporains indiens comme NisargadattaMaharaj ou Poonja ou des enseignants occidentaux comme Tony Parsons, Jeff Foster, Wayne Liquorman, Francis Lucille (également ici)…etc. proposent également un enseignement direct, instantané vers la réalité ultime. Il s’agit de prendre conscience ici et maintenant de Celui que nous sommes réellement, sans chercher à faire taire les bruits mentaux ou émotionnels. Plutôt que de chercher à diminuer les émotions, on regarde directement celui ou cela qui ressent l’émotion ; plutôt que de chercher à calmer le mental, on pointe droit vers celui ou cela qui pense. Pour ces enseignants, il ne saurait y avoir un chemin progressif de moi à moi-même.
Ne suis-je pas déjà ce que je suis ? Ces enseignants insistent donc sur le non-faire l’absence d’efforts, l’immédiateté et mettent en garde contre toute idée de travail, ou de progrès lent et cumulatif. « C’est Cela », « Rien à faire », « Nulle part où aller » : voilà ce que les auteurs de la voie directe répètent dans leurs satsangs. L’essentiel de cet enseignement tient en deux points :
1-l’ego qui pense progresser sur la voie est une illusion.
2-nous sommes déjà parfaitement éveillés.
 
Jan Kersshot exprime parfaitement ce point de vue :
 « …croire à un cheminement progressif est très à la mode, mais selon moi c’est en totale contradiction avec ce qu’est la libération vraiment. La croyance en une voie spirituelle qui mène jusqu’au sommet de la montagne se fonde sur deux idées fausses de base :
-l’importance que vous accordez à la partie personnelle de l’histoire (comment puis-je moi atteindre « Cela » ?)
- la croyance que vous persistez à nourrir dans le phénomène du temps, votre espoir d’un futur meilleur (Quand vais-je atteindre  « Cela » ?)
Tant qua vous n’aurez pas compris que la libération n’est pas personnelle et qu’elle est atemporelle, vous êtes comme l’âne derrière une carotte. La véritable libération est impersonnelle et par conséquent on ne peut pas réclamer « cela » pour soi-même. Moi – en tant que Jan – ne pourrai jamais posséder « Cela ». De plus, « Cela » est atemporel (pas ici et maintenant » mais au-delà du temps et de l’espace), et donc « Cela » ne pourra jamais être projeté dans le futur. Si vous persistez malgré tout à le faire, vous vous leurrez vous-même – quoique, au final, il n’y a rien de mal non plus avec le fait de se leurrer soi-même… »
 Ainsi puisque tout est déjà là, vouloir l’atteindre dans le futur par une voie progressive conduit, pour la voie directe, à s’éloigner de ce que nous sommes ici et maintenant. Nous sommes parfait ainsi ; nul besoin de chercher à enlever des voiles imaginaires. Cette recherche renforce plutôt la croyance dans l’ego qu’elle ne la diminue.
Mais si l’illumination peut être subite, sans doute après cet événement, la sagesse va encore augmenter. Voilà comment Chen Houei exprime le paradoxe entre éveil subit et éveil graduel :
 « Les paroles de mon grand maître, le sixième patriarche, pénétraient les auditeurs une à une, directement, comme des couteaux ; elles leurs faisaient comprendre et voir leur nature propre directement, sans qu’il eût à parler du graduel. Vous qui étudiez le Chemin, vous devez être éveillés subitement, (puis) vous cultiver graduellement et, sans quitter (le monde), obtenir la délivrance. Il en est comme d’une mère qui met subitement son enfant au monde, lui donne le sein et le nourrit peu à peu : la sagesse de cet enfant s’accroit spontanément. De même, l’illumination subite, la vue subite de la nature de Bouddha (se produisent brusquement) et la sapience s’accroit ensuite spontanément peu à peu. 
 …Ayant à faire l’ascension de la terrasse à neuf gradins, demande quelqu’un, comment serait-on capable d’y monter sans passer par les degrés successifs ?
Ce dont on fait l’ascension avec crainte (c’est-à-dire graduellement)…, répond Chen-Houei, ce ne peut être qu’un vilain tertre de terre accumulée…S’il faut avoir recours aux degrés successifs, on ne touchera pas le but et l’on établira le principe du graduel…Comprendre sans avoir recours au graduel, spontanément, voilà le sens de la nature subite. La vacuité et quiétude originelles de l’esprit propre, voilà l’illumination subite. L’absence de demeure de l’esprit propre, voilà l’illumination subite…Entendre parler de la vacuité sans s’attacher à la vacuité et sans saisir non plus la non-vacuité, voilà l’illumination subite. Entendre parler du moi sans rattacher au moi et sans saisir non plus le non moi, voilà l’illumination subite. Accéder au nirvâna sans rejeter la renaissance et la mort, voilà l’illumination subite…ceux qui partent du principe absolu parviennent rapidement au chemin. Ceux qui cultivent les pratiques externes y parviennent lentement. »
 Ainsi la vision de sa vraie nature est immédiate, comme la naissance, mais peu à peu la sagesse s’accroît comme l’enfant grandit.
Ce processus est spontané car la vision de sa vrai nature opère d’elle-même sur les structures psychologiques de l’individu en les assouplissant.
Est-il nécessaire de préciser que je me sens beaucoup plus proche de la voie directe que de la voie progressive ? Les livres de Nisargadatta Maharaj et les ateliers de Douglas Harding m’ont montré que la voie directe est puissante et radicale. Mais ces deux voies existent et chacun se sent attiré vers celle qui lui correspond. Comme il y a plusieurs types de chercheurs sur le chemin, il faut plusieurs types de routes. Mais il est essentiel de bien comprendre cette différence et de savoir sur quel chemin on s’engage.
 
José Le Roy
Extrait de l'excellent blog:
http://lapiqreduscorpion.blogspot.fr/
 
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13 mars 2013 3 13 /03 /mars /2013 10:02

 


 
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10 mars 2013 7 10 /03 /mars /2013 22:18

 


 
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8 mars 2013 5 08 /03 /mars /2013 11:18

 

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Vous savez que vous êtes. Ceci est en soi la prise de conscience. Si vous pensez que vous devez être conscient, vous entrez dans l’état d’expérience. Vous voulez faire l’expérience de quelque chose. Ne considérez pas votre corps-esprit comme étant vous. L’identification au corps-esprit, ça va pour la vie de tous les jours, mais quand vous devez vous comprendre, il ne faut pas comprendre qu’on est le corps-esprit. Vous avez la connaissance du « Je suis ». Cela en soi signifie que vous êtes.

La prise de conscience, c’est cet état où la conscience s’enfonce en elle-même.

Ce corps est l’expression du produit de la nourriture consommée. La matière est consommée sous forme de nourriture, et voilà le résultat. S’il y a de moins en moins de nourriture, le corps s’amaigrit, s’étiole. Vous n’êtes pas ça, votre image est autre. (Montrant le corps : ) ce n’est qu’une boîte à mangeaille. Pourquoi cette figure maigre ? Parce que l’apport de nourriture est réduit. Le corps-nourriture, vous n’êtes pas ça. L’état d’éveil, vous n’êtes pas ça. L’état de sommeil profond, vous n’êtes pas ça. Vous connaissez l’état d’éveil. Puisque vous connaissez l’état d’éveil, vous n’êtes pas l’état d’éveil. Vous connaissez l’état de sommeil profond, vous n’êtes donc pas l’état de sommeil profond. (...)


Ce « vous » Ultime ne peut jamais être perdu. Tout ce que vous avez perdu, ce ne sont que des mots. Qui vous a dit que vous étiez perdu ? Vous savez que vous êtes, « Je suis ».

Dès que le sentiment « Je suis » apparaît, le monde aussi apparaît. « Vous êtes » n’est pas seul, dans l’isolement. Vous êtes une part intégrale de la connaissance du monde.

Dans la hiérarchie de la conscience il y a trois étapes :

  1. Jivatman, c’est celui qui s’identifie au corps-esprit. Celui qui pense je suis un corps, une personne, un individu différent du monde. Il s’exclut et s’isole du monde comme une personne séparée, à cause de l’identification au corps et à l’esprit.
  2. Vient ensuite l’être, ou la conscience, qui est le monde. « Je suis » signifie mon monde entier. Juste l’être et le monde. En même temps que l’être le monde est ressenti – c’est Atman.
  3. Le Principe Ultime, qui sait que l’être ne peut avoir de nom. Aucun mot ne peut l’approcher ou le déterminer. C’est l’état Ultime.

J’explique cette hiérarchie avec des mots de tous les jours, par exemple : j’ai un petit fils (ça c’est jivatma). J’ai un fils, et je suis le grand-père. Le fils et le petit fils sont issus du grand-père.

Ces trois étapes, on ne peut pas les appeler de la connaissance. Le terme connaissance s’applique au niveau de l’être. Je vous ai transmis l’essence de mes enseignements.

A quoi êtes-vous identifié maintenant ? Vous êtes venu au monde avec quelle identité ? Vous voudriez quitter ce monde avec quelle identité ? Normalement les gens s’accrochent à l’identité corporelle, mais je l’ai jetée par-dessus bord – vous n’êtes pas le corps. Je vous demande : « Vous êtes quoi ? Quelle peut être votre identité, maintenant que vous n’êtes pas le corps ? ». Vous pouvez répondre ce que vous voulez, les mots seront toujours incorrects, ils seront faux.

Vous vous accrochez avec l’énergie du désespoir au corps-esprit, comme étant vous. Vous devez avoir la conviction inébranlable que vous n’êtes pas le corps-esprit, que vous n’êtes même pas la conscience dans l’être.

Faites une expérience sur vous. Vous observez un bâton ; est-ce que vous dites au bâton : « Je suis en train de t’observer » ?

Quand on est tout seul avec soi-même, rien n’est utile, aucun entretien n’est utile. Quand on se fond dans son identité véritable rien n’a plus d’importance, parce que rien n’est. Quand le « Je » s’affaisse, il ne reste plus que la prise de conscience directe. 

 

                                                                        Nisagardatta Maharaj

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7 mars 2013 4 07 /03 /mars /2013 09:29

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Notre vraie Nature est donc le « Je Suis », la Première Personne, et nous nous sommes à tort identifiés à la troisième personne.
L'identification de la Première Personne à la troisième personne est un processus temporel, qui est en fait inévitable et même nécessaire. Nous avons tous commencé notre vie en étant Première Personne (le « Je Suis »), Espace vide, illimité pour accueillir le monde. Les petits enfants ne se prennent pas pour un individu ; ils ne s'identifient pas à l'image que leur renvoie le miroir et certainement pas à leur corps ; ils ne prétendent pas que leur apparence – un petit garçon ou une petite fille – constitue leur essence, leur vrai moi. C'est seulement à travers un processus temporel que les enfants finissent par croire aux contes des adultes : tu es ce que tu parais être.
Douglas Harding décrit ce processus en quatre étapes :
– Le nouveau-né, pour lui-même, est une Non-Chose, sans visage, grand ouvert pour recevoir le monde. Vu de l'extérieur, c'est une chose très petite, mais de son point de vue, il est sans limite et sans forme. Il est Première Personne, sans en avoir encore conscience.
– La deuxième étape correspond à l'enfance, étape bénie car l'enfant n'a pas encore perdu l'accès à sa vraie Nature. Quand il est seul, quand il joue, il est encore immense et sans forme, Espace infini qui accueille les autres visages et le monde des couleurs et des formes encore chaotique. Il ne s'est pas identifié à son apparence dans le miroir (ce petit garçon, cette petite fille); il est libre du regard des autres mais il commence à prendre conscience, peu à peu, que pour ses parents, pour ses proches il est un petit garçon ou une petite fille.
– Puis vient la troisième étape, l'adolescence, dans laquelle l'enfant a oublié sa vraie Nature pour s'identifier totalement à ce qu'il paraît, vu de quelques mètres. Douglas décrit ainsi cet enfermement : « Mais à mesure que l'enfant grandit, cette idée acquise de lui-même-vu-de-l'extérieur en arrive à obscurcir et finalement à éclipser sa vision naturelle de lui-même vu-de-l'intérieur. En fait, il rapetisse. Au début, il contenait son monde; à présent, c'est son monde qui le contient, lui – enfin, le peu qu'il reste de lui. Lorsqu'il s'agit de décrire ce qu'il est, là où il est, il croit tout le monde sur parole excepté lui-même, et il n'est plus Première Personne. Les conséquences sont de plus en plus tristes. Ayant été le Tout, on l'a fait rétrécir jusqu'à n'être plus que ce petit fragment dérisoire, alors il devient avide, haineux, craintif, refermé sur lui-même et fatigué. (...) Bref, il est à côté de lui-même, ex-centrique, étranger à lui-même – alors tout va mal. »Pour la plupart des gens, la vie, malheureusement, se passe jusqu'à la mort dans cette troisième étape qui devient à la longue un enfer, une source de souffrances.
– La quatrième étape correspond à l'éveil qui est la sortie de l'identification avec ce que nous paraissons être. La conscience se délivre de toutes les limitations imaginaires et retrouve sa nature d'Espace d'accueil infini. Douglas écrit: « Totalement non-mystique (au sens populaire du terme), c'est une expérience précise, radicale, c'est tout-ou-rien, il n'y a pas de degrés de vision. La libération est instantanée et totale – aussi longtemps que dure l'expérience. Ensuite commence la partie vraiment astreignante du travail : vous devez continuer à voir votre Absence/Présence à tous moments et où que vous soyez, autant que possible, jusqu'à ce que la vision devienne tout à fait naturelle (...) et constante  ».

L'éveil correspond à la quatrième étape de notre vie qui est une redécouverte instantanée de la Première Personne et qui correspond à une libération du regard extérieur que je pose sur moi-même en me voyant du point de vue d'autrui.

 

José Leroy, S'éveiller à la vacuité.

http://www.originel-accarias.com/Edition/jose_le_roy_2_extrait.htm

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27 février 2013 3 27 /02 /février /2013 10:21

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Que doit-on penser de ces personnes qui ont eu une expérience d'éveil puis l'on perdu ? Est-il possible de "perdre" l'éveil ?
La seule chose que je puisse répondre est la suivante : tout éveil doit se convertir en réalisation de Soi. Et la réalisation de Soi équivaut au Silence. Ce n'est pas une expérience car il n'y a pas d'expérimentateur. Ce qui seul prévaut alors est la Paix. En ce 'lieu' que j'appellerais Liberté, il n'y a personne. Même le guru a disparu. Ce qui reste est le Soi non-manifesté, seul véritable guru, et il n'est pas différent de vous-même.
Normalement, une personne qui perçoit sa véritable nature doit se laisser absorber par elle et n'en plus ressortir. Ce qui se passe en pratique, c'est que les prédispositions (que les indiens appellent 'vasanas') sont très puissantes et ressurgissent. Dans ce cas, un travail complémentaire doit être accompli jusqu'à ce que l'expérience se stabilise. Ramana Maharshi lui-même a souvent fait observer que jñaña peut mettre du temps avant de se stabiliser. La raison la plus apparente aux mésaventures que vous mentionnez provient du fait qu'éveil veut tout simplement dire découverte que la vie de l'état de veille est un rêve, qui inclut en fait le 'je'. Lorsque ce même 'je' se croit à l'extérieur du rêve (alors qu'il en fait partie) il travestit en quelque sorte l'expérience pour la récupérer à son profit. Il se pose alors comme l'observateur de cet éveil, usurpant en quelque sorte le rôle du Témoin, qui lui, ne fait pas partie du rêve et dont la simple présence ne constitue pas à proprement parler une observation.
Ainsi, ce qui arrive dans les cas que vous citez, c'est que l'ego tente de s'emparer de cette expérience et de dire, 'je' suis éveillé, 'je' suis réalisé, ce qui est un non-sens total. C'est en fait l'erreur de croire que 'je' connais l'éveil qui empêche la stabilisation de cet expérience que l'ego va ensuite se mettre à rechercher, sans se rendre compte que c'est la fausse appréhension qu'il vient de générer qui a occasionné cette 'perte' apparente. Ce qui est connu n'est donc pas l'éveil mais un aperçu de l'état naturel véritable, car l'éveil anéantit justement l'illusion d'un 'je' faisant l'expérience de quoi que ce soit. Il ne peut donc être question de 'perdre' l'éveil car éveil veut dire justement que 'je' ne suis pas là autrement que comme pure illusion.
Seule une puissante investigation au sujet de 'Qui' connaît ou ne connaît pas l'éveil permettra au 'je' en question de réaliser qu'il n'est pas différent de Cela et qu'il n'y a donc pas d'éveil à rechercher. Au moment même où il le réalise, le sens de la séparation disparaît. Et lorsqu'il disparaît, meurent avec lui les concepts qu'il générait, y compris ceux d'éveil ou de réalisation. L'illusion très tenace est de croire qu'il y a quelque chose à voir ou à expérimenter ! Or tout ce que vous pouvez voir et expérimenter est tout sauf l'éveil ! L'éveil est au contraire une non-expérience à la lumière de laquelle l'ego apparaît comme foncièrement non existant. Lorsque ceci est compris, l'éveil se mue en réalisation de soi. Ainsi, lorsque le but est atteint, il n'y a personne pour le revendiquer. Le véritable 'Je' demeure silencieux. Seule demeure la Paix.

 

http://www.eveilspirituel.net/perles-de-sagesse.asp?i=14

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26 février 2013 2 26 /02 /février /2013 09:55

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Jack Kornfield nous présente, dans son livre «Après l'extase, la lessive» une des cartes de l’éveil les plus connues dans le bouddhisme : la tradition Theravada des Aînés du Sud-Est asiatique. Cette carte décrit l’éveil en quatre étapes successives dites de notre " noble réalisation ". Chacune d’elle conduit à un nouveau degré de libération.
 
1. La première est appelée :" Entrer dans le courant. " " Cette entrée dans le courant survient lorsque nous goûtons pour la première fois la saveur de liberté absolue de l’éveil : une liberté du cœur, au-delà de toutes les conditions mouvantes du monde. "
2. La deuxième étape : " Revenir encore.  Même lorsque nous avons vu la vérité, de plus amples purifications demeurent nécessaires pour transformer notre caractère et intégrer cette nouvelle compréhension de la vie. Ainsi commence ce voyage, allant de l’entrée dans le courant jusqu’à la seconde étape, ‘ Revenir encore ’. Par un processus profond qui demande souvent de nombreuses années, nous découvrons et évacuons nos habitudes les plus grossières de saisie et d’aversion qui recréent ce sentiment d’un soi plein de peurs et de limites. Atteindre la deuxième étape requiert une attention constante, sensible à la souffrance qui survient lorsque nous nous accrochons à nos désirs et à nos peurs, à nos idées et à nos idéaux. "
3. La troisième étape : " Non-retour. " " À ce stade nous sommes définitivement libérés de tout ce qui reste de désirs, saisies, colères et peurs; nous n’aurons plus jamais à retomber sous leur joug. Ceux qui progressent jusqu’à cette troisième étape sont peu nombreux et ils y accèdent au terme d’un long processus consistant à demeurer profondément dans le calme et la vacuité. "
4. La quatrième étape : " Grand Éveil. " " Arrive enfin la quatrième étape, la plus extraordinaire, appelée ‘ Grand Éveil ’, dans laquelle les dernières traces de saisies subtiles – à l’égard de la joie, de la libération et de la méditation elle-même – disparaissent. Maintenant, sans les moyens d’identification à un soi, l’individu est libre de ses vestiges d’orgueil, de jugement, d’agitation, de séparation qui voilaient l’être pur. Le rayonnement de notre vraie nature brille sans obstacle dans notre vie entière. " "

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24 février 2013 7 24 /02 /février /2013 10:52

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Les kabbalistes ont découvert que nos désirs de plaisir évoluent en cinq étapes :

  • La première est celles des désirs élémentaires: les désirs corporels de nourriture, de santé, sexe et de famille. Ce sont les désirs nécessaires à notre survie.
  • La seconde étape est celle des désirs de richesse. A cette étape l'homme pense que l'argent lui assure une existence heureuse.
  • La troisième est la course aux honneurs et la puissance. Dans ce cas, le désir de contrôler les autres, ainsi que soi-même est la première source de satisfaction de l'individu.
  • A la quatrième étape apparaît le désir pour la connaissance. Savoir et comprendre deviennent alors le sommet du plaisir de l'homme.
  • Ce n'est qu'à la cinquième étape qu'apparait la dernière forme de désir, pour le spirituel, où nous sommes alors attirés par «quelque chose» d'inconnu qui est au dessus de nous. Ici nous sentons que se lier à cette «chose» inconnue peu nous apporter de plus grandes joies durables et nous recherchons les moyens pour parvenir à ce lien.
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La Vie est ce qui est

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"Et ceci est ce qui arrive… lire ces mots, entendre des sons, ressentir, penser « alors, et après ? ». Et bien « après » est encore ceci ! la Vie étant simplement ce qui est… l’avènement dans l’anéantissement, la fin dans le commencement, le rien dans le tout."
                                                                                                                                                 Tony Parsons

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Le Paradis est déjà là !



"Nous prétendons que nous avons perdu la paradis seulement pour la joie de le retrouver à nouveau. Quand le paradis est retrouvé , il est réalisé qu' il n' avait jamais été perdu.
Mais aussi longtemps que nous cherchons le paradis, il est impossible de remarquer qu'il est déjà là."
                                                                                                                                         Richard Sylvester

Relaxe toi, tu es déjà arrivé !

Vous imposez des limites à votre véritable nature d'être infini, puis vous vous désolez de n'être qu'une créature limitée, ensuite vous mettez en œuvre des pratiques spirituelles pour transcender ces limites inexistantes. Mais si votre pratique même implique l'existence de ces limites, comment pourraient-elles vous permettre de les transcender ?        

                                                                                                                                              Ramana

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