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2 avril 2013 2 02 /04 /avril /2013 08:53
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L'ancien se meurt, le nouveau ne parvient pas à voir le jour, dans ce crépuscule prolifèrent les monstres ...

                                                 Antonio Gramsci
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2 avril 2013 2 02 /04 /avril /2013 08:44

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Lisant, commentant les Vedas, les pandits se sont égarés.
Ils n'ont pas compris le mystère qu'ils sont.
Culte du soir, libation aux ancêtres, observance des six actes prescrits
et autres choses de ce genre : là s'arrête leur religion !

Pandit, ta parole est menteuse !
Si en répétant Râm le monde est sauvé,
alors, en disant sucre, la bouche est sucrée.

Ô Cadi, qu'est cette leçon que tu récites
sans rien comprendre ?
Avec autorité tu circoncis.
Je ne suis pas d'accord mon frère !
Si Dieu voulait me circoncire,
C'est lui-même qui l'aurait fait.

Si la circoncision fait le musulman,
De quelle religion sont donc les femmes ?
Et toi le brahmane et ton cordon sacré
Pourquoi ta femme n'en porte pas ?
L'un comme l'autre vous imposez par la force,
mais quand viendra le temps de mourir,
Moi, Kabir, je vous le dis, mes frères,
il ne vous restera qu'à pleurer.

L'Hindou et le Turc n'ont qu'un seul Seigneur !
A quoi sert le moulla et à quoi sert le cheikh ?
Kabîr dit : je suis devenu fou
Et mon âme en secret se fond dans l'Absolu.

Vishnou est à l'Est, Allah et à l'ouest,
Tel est ton songe.
Cherche plutôt dans ton cœur, seulement dans ton cœur :
C'est là que vit Ram-Allah.

Je suis l'enfant de Ram-Allah
Lui seul est mon gourou, mon saint !

Mort après mort, le monde meurt,
Mais nul ne sait mourir,
Kabîr, nul ne sait mourir
de sorte qu'il ne meure plus !

Si je brûle la maison, elle est sauvée,
Si je la préserve, elle est perdue :
Voyez une chose étonnante :
Celui qui est mort triomphe de la Mort !

O Mâdhao, Tu es l'eau dont la soif me dévore,
Au sein de cette eau, le feu de mon désir grandit.
Tu es l'Océan et je suis le poisson
qui en étant dans l'eau, languit de son absence.

La Bhakti, épouse aimée de Râm, n'est pas pour les lâches :
Coupe-toi la tête et prends-la dans tes mains, si tu veux avoir Râm !

La lampe s'est vidée, l'huile s'est épuisée,
le tambourin s'est tu, le danseur s'est couché.
Le feu éteint, nulle fumée ne monte,
L'âme s'est absorbée : dans l'Unique plus de dualité.

Quand j'étais, Hari n'était pas,
Maintenant Il est, mais plus moi.
Le yogi qui était là a disparu
Seules les cendres gardent la posture.

A force de lire des livres, le monde est mort.
Mais nul pour cela n'est devenu savant.

Si Allah demeure dans une mosquée
A qui appartient le reste du monde ?
Les Hindous disent qu'il est dans l'idole.
Tous se trompent.

Purana et Coran ne sont que des mots.
J'ai levé le voile et j'ai vu.
Kabîr se fie à l'expérience,
Tout le reste n'est que mensonge.

Toute chose naît, s'épanouit, se résorbe.
Sous nos yeux ce monde passe.
N'as-tu pas honte de dire : ma maison ?
Quand tu meurs, rien n'est plus à toi !

Il n'y a là pas de mousson ni d'océan, pas de soleil ni d'ombre,
On n'y trouve ni vie ni mort, ni malheur ni bonheur,
Seulement : vide, unité et méditation.

La béatitude est un état indicible,
On n'en fait pas le tour, on ne la pèse pas.
Elle n'est pas légère, ni pesante.

On ne trouve pas là plus dessus que dessous.
Il n'y fait jamais jour, il n'y fait jamais nuit.
L'on n'y trouve non plus ni eau, ni air, ni feu.

C'est là que le vrai Maître, éternellement demeure.

Il est en nous, inaccessible inconnaissable.
On ne l'atteint que par sa grâce.
Kabîr dit : "Je me consume pour mon Maître
Que l'on rencontre dans les assemblées de Sant

Au cabaret de l'amour (Gallimard)

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1 avril 2013 1 01 /04 /avril /2013 17:14

mener-sa-baqrque

 

Vous pensez que vous devriez être illuminé.
Vous l’êtes déjà.


Vous pensez devoir suivre un chemin pour y arriver.
Il n’est pas de chemins.


Vous pensez que l’illumination est un but.
Il n’est pas de buts.


Vous pensez que vous devez vous transformer vous-même et transformer le monde
pour le rendre meilleur. Il n’est rien à accomplir.


Vous pensez pouvoir trouver Dieu en Inde ou au Tibet.
Il n’est nulle part où aller. La Conscience est partout la même.


Vous pensez que l’issue de votre parcours personnel est ce qui importe.
Cela est égal, quelle que soit la façon dont il se termine.


Vous pensez que l’histoire qui vous arrive est vraie.
C’est une illusion, un rêve.


Vous pensez avoir le contrôle de votre vie.
Vous n’êtes qu’une marionnette de la Source.


Vous pensez avoir le libre arbitre et la liberté de choix.
Il n’y a que la destinée et son déroulement ordonné.


Vous êtes persuadé d’avoir des ennemis.
Il n’y a que la Source.


Vous pensez qu’il existe une formule magique pour trouver Dieu.
détendez-vous, vous résidez déjà en Lui.


Vous pensez que le drame de chacun est une réalité.
Il s’agit uniquement de jeux de miroirs et d’écrans de fumée.


Vous pensez que Dieu souhaite une conscience plus élevée pour la planète.
La Source est uniquement là pour jouer dans la limitation.


Vous pensez que Dieu vous tient pour responsable.
Il n’y a pas de Karma.


Vous nourrissez jugements, comparaisons, opinions, préférences.
Il n’y a que ce qui Est- tel que c’est, exactement tel que cela doit être.


Vous voulez être quelqu’un d’important et d’apprécié.
Soyez, simplement.


Vous redoutez la mort comme l’évènement le plus tragique de votre vie.
La mort est la fin de la limitation.


Vous espérez une vie meilleure, pour la prochaine fois.
Il n’y a pas de soi pour se réincarner. Il n’y a que Source en tant que JE SUIS.


Vous regrettez le passé, vous vous tourmentez dans le présent et vous craignez le futur.


Vous êtes la Source infinie en train de se distraire, détendez-vous !


Vous êtes captivés par de complexes histoires de conspirations.
Il n’y a que la Source s’amusant Elle-même.


Vous pensez avoir une raison de vivre.
Il n’y a aucun « moi » individuel pour avoir un quelconque dessein.


Il n’y a que la Source. Elle a un dessein pour cette apparence.
Vous n’y avez pas accès au travers d’un esprit fini.


Satyam Nadeen

http://mondereel.over-blog.net
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1 avril 2013 1 01 /04 /avril /2013 17:06

 


 
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1 avril 2013 1 01 /04 /avril /2013 16:52

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Il n'y a point de paix dans le Triple Monde ; il est comme une maison en feu. Le démon tueur de l'impermanence frappe en un seul instant, sans tenir compte de la condition des personnes.

Vénérables, le temps est précieux, mais vous ne pensez qu'à vous agiter comme les vagues de la mer, recourant à d'autres pour apprendre la méditation, pour apprendre la Voie, ne voulant connaître que des noms et des phrases, cherchant le Bouddha, cherchant les patriarches, cherchant des amis de bien et vous livrant à des spéculations. Vous avez eu un père et une mère. Que voulez-vous de plus ? Retournez votre vision vers vous-même !

Ceux qui séjournent tout seuls sur un pic isolé, ou qui font un seul repas maigre au petit jour, ou qui restent longtemps assis sans se coucher.. sont hommes qui fabriquent de l'acte... De telles idées qui tendent à faire souffrir le corps ou l'esprit, attirent des fruits de souffrance. Mieux vaut être simple, sans affaires.

Vous dites de toutes parts qu'il y a des pratiques à cultiver, des fruits à éprouver... Vous dites que vous cultivez tout ensemble les dix mille pratiques des six Perfections : je ne vois là que fabrication d'actes. Chercher le Bouddha, chercher la Loi : autant d'actes fabricateurs d'enfer.

Moi, le moine de montagne, je n'ai aucune Loi à donner, je ne fais que dénouer des liens. Adeptes qui venez à moi, essayez de ne pas dépendre des choses.

Si je parle de la Loi, de quelle Loi s'agit-il ? Il s'agit d'une Loi qui est terre de l'esprit. Par l'esprit on peut accéder au profane comme au sacré, à la pureté comme à l'impureté, à la vérité absolue comme à la vulgaire... Tenez-vous y pour agir, mais ne leur donnez pas de noms ! J'appelle ça l'idée mystérieuse.

Vous venez de toutes parts avec l'idée de chercher la délivrance, la sortie du Triple Monde. Sortir du Triple Monde, imbéciles ! Pour aller où ? Le Bouddha et les patriarches, ce ne sont que des noms dont on prend plaisir à se laisser lier. Voulez-vous connaître le Triple Monde ? Il n'est autre que la terre de votre propre esprit.

Les bodhisattva qui ont pleinement satisfait aux dix étapes de leur carrière sont comme des salariés. Ceux qui ont atteint l'éveil merveilleux sont des gaillards enchaînés. Les saints arhat et les bouddha-pour-soi sont de la merde, l'éveil et le nirvâna, des pieux à attacher les ânes. C'est seulement, parce que vous n'êtes pas parvenus à concevoir la vacuité de toutes les pratiques qu'il y a en vous cet obstacle. Un véritable religieux liquide ses actes au fur et à mesure. Il s'habille au hasard ; lorsqu'il veut marcher, il marche ; lorsqu'il veut s'asseoir il s'assied et ne songe pas à désirer ou à chercher le fruit du Bouddha.

Les trois Véhicules et le dodécuple enseignement sont de vieux papiers bons à se torcher. Le Bouddha est un corps de métamorphose fantasmagorique, les patriarches, de vieux bonzes. Vous ne pensez qu'à vous tourner vers l'extérieur et à chercher auprès d'autrui, quêtant des marchepieds : vous vous trompez ! Vous ne pensez qu'à chercher le Bouddha. Le Bouddha est un nom. Et celui-là même qui court, cherche, le connaissez-vous seulement ?

Si vous rencontrez un Bouddha, tuez-le ! Si vous rencontrez un patriarche, tuez-le ! Si vous rencontrez un arhat, tuez-le ! Si vous rencontrez un père et une mère, tuez-les ! C'est là le moyen de vous délivrer, c'est là l'évasion, l'indépendance.

Le vrai Bouddha est sans figure, la vraie Loi est sans marques... quant au véritable apprenti du Chemin, il ne s'attache pas au Bouddha, ni aux bodhisattva, ni aux arhat... Loin de tout, seul, dégagé, il n'est pas gêné par les choses. Ce sont là fantasmes de rêve, fleurs dans l'air : pourquoi se fatiguer à vouloir les saisir ?

Retournez votre lumière, intériorisez votre vision. Ne cherchez plus ! Sachez que, de corps comme d'esprit, vous ne différez point du Bouddha-patriarche, et aussitôt vous serez sans affaires.

Comment appeler cette chose bien distincte, cette lumière solitaire à quoi rien n'a jamais manqué, mais que l'œil ne voit pas, que l'oreille n'entend pas ? Un ancien l'a dit : "Dire que c'est une chose, c'est manquer la cible." Regardez en vous-même !


Chercher le Bouddha, c'est perdre le Bouddha ; chercher les patriarches, c'est perdre les patriarches ; chercher la Voie, c'est perdre la Voie... Tout ce qu'il faut c'est avoir la vue juste. C'est cette vue qu'il faut rechercher instamment. C'est seulement si l'on parvient à la clarté parfaite de la vue juste que tout se parachève.

Seul existe réellement le religieux sans appui, qui est là à écouter l'enseignement. Il est la mère de tous les Bouddha, et en ce sens les Bouddha naissent du sans-appui. Pour qui comprend le sans-appui, l'état de Bouddha n'est pas à obtenir. Voir les choses ainsi, c'est cela la vue juste.

Bien qu'à longueur de journée je prodigue aux apprentis explications et réfutations, ils n'en tiennent aucun compte. Ils piétinent. C'est qu'ils n'ont pas assez de confiance en leur lumière solitaire. Ils vont chercher des interprétations dans les noms et les phrases. Jusqu'à l'âge d'une demi-siècle, ils n'ont souci que de compter sur autrui. C'est parce que vous n'avez pas suffisamment de confiance en vous-mêmes, que nous voilà empêtrés à cette heure dans toutes ces lianes parasites de vains mots !... Hommes de peu de confiance. On n'en finit jamais avec vous !

Sur votre agglomérat de chair, il y a un homme vrai sans situation, qui sans cesse sort et entre par les portes de votre visage... Tenez-vous en à l'homme qui est là en train d'écouter l'enseignement, à cet homme sans forme ni marque, sans racine ni tronc, sans demeure stable, tout vif comme le poisson qui saute dans l'eau et ne se fixe nulle part.

Si l'on sait réaliser l'homme vrai, il n'est plus rien qui ne soit très profond, rien qui ne soit délivrance. Vénérables, sachez reconnaître l'homme en vous qui joue avec des reflets : c'est lui qui est la source originelle de tous les Bouddhas ; c'est lui, adeptes, en qui vous trouvez refuge où que vous soyez.

Tout ce qu'il fous faut, c'est vous comporter le plus ordinairement du monde. Adeptes, il n'y a pas de travail à faire dans le bouddhisme; le tout est de se tenir dans l'ordinaire, et sans affaires : chier et pisser, se vêtir et manger. Quand vient la fatigue, je dors ; le sot se rit de moi, le sage me connaît... Soyez votre propre maître, où que vous soyez, et sur le champ vous serez vrais. Les objets qui viennent à vous ne pourront vous égarer.

C'est l'arrêt de toute pensée en vous, que j'appelle l'arbre de l'éveil ; et l'incapacité d'arrêter vos pensées, l'arbre de l'ignorance... Le recueillement d'Avalokiteshvara, c'est votre propre esprit capable en chacune de ses pensées de se défaire de ses liens et de se libérer point par point.

Entretiens de Lin-tsi (Fayard - 1972), trad. Paul Demiéville.

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31 mars 2013 7 31 /03 /mars /2013 11:05

 


 
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31 mars 2013 7 31 /03 /mars /2013 11:01

th thich nhat hanh

 

 

La vie spirituelle est la vie. Je ne vois aucune raison de passer toute sa vie à ne goûter qu'un seul fruit. Nous autres, êtres humains, pouvons nous nourrir des meilleures valeurs de nombreuses traditions. Si nous pratiquons le regard profond et l'écoute profonde, nous deviendrons libres et pourrons voir la beauté et les valeurs de notre tradition et des autres traditions. Nous devons nous laisser transformer par ce qui est bon, beau et positif dans la tradition de l'autre... Je voudrais partager avec vous mon expérience et ma compréhension de deux belles fleurs du monde, le bouddhisme et le christianisme.

Dans le bouddhisme, la foi signifie la confiance que nous avons en notre pouvoir et celui des autres de nous éveiller à notre plus profonde capacité d'aimer et de comprendre. Quand nous sommes calmes, quand nous regardons profondément en touchant la source de notre vraie sagesse, nous touchons le Bouddha vivant et le Christ vivant en nous-mêmes et en chaque personne que nous rencontrons.

Le cœur de la méditation bouddhiste est la Pleine Conscience : l'énergie qui nous aide à savoir ce qui se passe dans le moment présent. Quand l'énergie de la Pleine conscience est présente, la transformation a lieu. Quand l'énergie de l'Esprit est en vous, la compréhension, l'amour, la paix et la stabilité sont possibles. Dieu est là. Vous êtes, bien que vous ne soyez pas, mais Dieu est en vous. C'est cela l'inter-être, le non-soi. J'aime beaucoup l'expression "demeurer en Dieu".

Le terme bouddhiste vipasyana signifie compréhension, regard profond. "Regarder profondément" veut dire observer quelqu'un ou quelque chose avec une concentration telle que la distinction entre celui qui observe et celui qui est observé disparaît. Le résultat c'est la compréhension de la vraie nature de l'objet. Quand nous contemplons le cœur d'une fleur, nous pouvons y voir les nuages, le soleil, les minéraux, le temps, la terre et tout le cosmos. Sans les nuages, il ne pourrait y avoir de pluie et la fleur ne pourrait pas exister. Sans le temps, la fleur ne pourrait pas éclore. En réalité, la fleur est entièrement faite d'éléments non-fleur ; elle n'a pas d'existence indépendante, individuelle. Elle "inter-est" avec tout ce qui est dans l'univers.

Inter-être est un nouveau terme qui devrait à mon sens bientôt figurer dans les dictionnaires tant ce mot est important. Quand nous voyons la nature de l'inter-être, les barrières entre nous et les autres disparaissent, et la paix, l'amour et la compréhension sont possibles. Chaque fois qu'il y a de la compréhension, la compassion est possible.

La meilleure façon de pratiquer, c'est avec une Sangha, un groupe : l'énergie collective de la pleine conscience approfondit alors la pratique. La présence du groupe nous protège et nous donne de la force.

Quand nous pratiquons la respiration consciente, attentifs à chaque pensée et à chaque acte, nous renaissons, pleinement vivants, dans le moment présent. Le puits est en nous. Si nous creusons en profondeur dans le moment présent, l'eau en jaillira.

Dans le bouddhisme, on parle "d'entrer dans le courant". Tout ce à quoi l'on est confronté une fois entré dans le courant devient objet de méditation : un nuage qui flotte dans le ciel, un cadavre et même sa propre peur. Le fait qu'on soit profondément concentré aide à toucher et à pénétrer les objets de notre méditation pour en révéler la vraie nature. L'éveil est la prise de conscience de la vraie nature de la réalité.

Bouddha vivant, Christ vivant (J.C.Lattès -1996)

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30 mars 2013 6 30 /03 /mars /2013 15:29

cochondevinci4m8

 

 

L'humanité est à un croisement: un chemin mène au désespoir, l'autre à l'extinction totale. Espérons que nous aurons la sagesse de savoir choisir.


Woody Allen

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30 mars 2013 6 30 /03 /mars /2013 10:32

 


 
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30 mars 2013 6 30 /03 /mars /2013 10:23

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L'homme joyeux se réjouit certes de ceci ou de cela en particulier ; mais à l'interroger davantage on découvre vite qu'il se réjouit aussi de tel autre ceci et de tel autre cela, et encore de telle et telle autre chose, et ainsi de suite à l'infini. Sa réjouissance n'est pas particulière mais générale : il est "joyeux de toutes les joies".

Il y a dans la joie un mécanisme approbateur qui tend à déborder l'objet particulier qui l'a suscitée pour affecter indifféremment tout objet et aboutir à une affirmation du caractère jubilatoire de l'existence en général. La joie apparaît ainsi comme une approbation inconditionnelle de toute forme d'existence présente, passée ou à venir.

L'homme véritablement joyeux se reconnaît paradoxalement à ceci qu'il est incapable de préciser de quoi il est joyeux. Il n'est aucun bien du monde qu'un examen lucide ne fasse apparaître en définitive comme dérisoire et indigne d'attention, ne serait-ce qu'en considération de sa constitution fragile, de sa position à la fois éphémère et minuscule dans l'infinité du temps et de l'espace. L'étrange est que cependant la joie demeure, quoique suspendue à rien et privée de toute assise... La joie constitue ainsi toujours une sorte d'"en plus", et c'est cet en plus que l'homme joyeux est incapable d'expliquer et même d'exprimer... Perdue entre le trop et le trop peu à dire, l'approbation de la vie demeure à jamais indicible ; toute tentative visant à l'exprimer se dissout nécessairement dans un balbutiement.

La joie, telle la rose dont parle Angelus Silesius dans le Pèlerin chérubinique, peut à l'occasion se passer de toute raison d'être... c'est même peut-être dans la situation la plus contraire, dans l'absence de tout motif raisonnable de réjouissance, que l'essence de la joie se laissera le mieux saisir... L'accumulation d'amour en quoi consiste la joie est au fond étrangère à toutes les causes qui la provoquent, même s'il lui arrive de ne devenir manifeste qu'à l'occasion de telle ou telle satisfaction particulière... Elle apparaît ainsi comme indépendante de toute circonstance propre à la provoquer (comme elle est aussi indépendante de toute circonstance propre à la contrarier).

Aucun objet ne saurait à lui seul rendre joyeux. Ou plutôt, il arrive bien à un objet quelconque de rendre joyeux : mais le sort paradoxal d'un tel objet est de donner alors plus qu'il n'a effectivement à donner, plus que ce qu'il possède objectivement... La joie est un plein qui se suffit à lui-même et n'a besoin pour être d'aucun apport extérieur... Elle ne se distingue en aucune façon de la joie de vivre, du simple plaisir d'exister : un plaisir plutôt pris au fait qu'il y ait de l'existence en général qu'au fait de son existence personnelle.

La saveur de l'existence est celle du temps qui passe et change, du non-fixe, du jamais certain, inachevé ; c'est d'ailleurs en cette mouvance que consiste la meilleure et plus sûre permanence de la vie... Le charme de l'automne, par exemple tient moins au fait qu'il est l'automne qu'au fait qu'il modifie l'été avant de se trouver à son tour modifié par l'hiver.

La langue courante en dit beaucoup plus long qu'on ne pense lorsqu'elle parle de "joie folle" ou déclare de quelqu'un qu'il est "fou de joie". Tout homme joyeux est nécessairement et à sa manière un déraisonnant. Mais il s'agit là d'une folie qui permet d'éviter toutes les autres, de préserver de l'existence névrotique et du mensonge permanent. À ce titre elle constitue la grande et unique règle du savoir-vivre.

Reste que ce secours de la joie demeure à jamais mystérieux, impénétrable aux yeux mêmes de celui qui en éprouve l'effet bienfaisant. Car au fond rien n'a changé pour lui et il n'en sait pas plus long qu'avant : il n'a aucun argument nouveau à invoquer en faveur de l'existence, et cependant il tient désormais la vie pour indiscutablement et éternellement désirable.

Tout ce qui ressemble à de l'espoir, à de l'attente, constitue un défaut de force, un signe que l'exercice de la vie ne va plus de soi, se trouve en position attaquée et compromise. Un signe que le goût de vivre fait défaut et que la poursuite de la vie doit dorénavant s'appuyer sur une force substitutive : non plus sur le goût de vivre la vie que l'on vit, mais sur l'attrait d'une vie autre et améliorée que nul ne vivra jamais... A l'opposé, la joie constitue la force par excellence, ne serait-ce que dans la mesure où elle dispense précisément de l'espoir, la force majeure en comparaison de laquelle toute espérance apparaît comme dérisoire, substitutive, équivalant à un succédané et à un produit de remplacement.

Clément Rosset, La force majeure (Éd. de Minuit - 1983)

 

Savourez pleinement le samsara est nirvana.


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"Et ceci est ce qui arrive… lire ces mots, entendre des sons, ressentir, penser « alors, et après ? ». Et bien « après » est encore ceci ! la Vie étant simplement ce qui est… l’avènement dans l’anéantissement, la fin dans le commencement, le rien dans le tout."
                                                                                                                                                 Tony Parsons

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Le Paradis est déjà là !



"Nous prétendons que nous avons perdu la paradis seulement pour la joie de le retrouver à nouveau. Quand le paradis est retrouvé , il est réalisé qu' il n' avait jamais été perdu.
Mais aussi longtemps que nous cherchons le paradis, il est impossible de remarquer qu'il est déjà là."
                                                                                                                                         Richard Sylvester

Relaxe toi, tu es déjà arrivé !

Vous imposez des limites à votre véritable nature d'être infini, puis vous vous désolez de n'être qu'une créature limitée, ensuite vous mettez en œuvre des pratiques spirituelles pour transcender ces limites inexistantes. Mais si votre pratique même implique l'existence de ces limites, comment pourraient-elles vous permettre de les transcender ?        

                                                                                                                                              Ramana

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