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4 décembre 2013 3 04 /12 /décembre /2013 10:43

 

 

Etre humain, c’est être une maison d'hôtes.

Tous les matins arrive un nouvel invité.

Une joie, une dépression, une méchanceté,
une prise de conscience momentanée vient
comme un visiteur inattendu.

Accueillez les tous et prenez-en soin!
Même s'ils sont une foule de chagrins,
qui balaient violemment votre maison
et la vident de tous ses meubles,
traitez chaque invité honorablement.
Peut-être vient-il faire de la place en vous
pour de nouveaux délices.

La pensée sombre, la honte, la malice,
rencontrez-les à la porte en riant,
et invitez-les à entrer.

Soyez reconnaissants pour tous ceux qui viennent,
parce que chacun a été envoyé
comme un guide de l’au-delà.

 

~ ~ Rumi ~ ~

(Traduit par Deborah Bacon,
selon la version de Coleman Barks, The Essential Rumi)

 

http://www.scoop.it/t/kwatsu

Accueillir.
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4 décembre 2013 3 04 /12 /décembre /2013 10:42
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4 décembre 2013 3 04 /12 /décembre /2013 10:25

L’éveil est la reconnaissance de qui nous sommes vraiment. C’est tout. Dit autrement, c’est la radiation du «je».  Que reste-t-il quand il n’y a plus de «je» avec ses concepts, ses goûts, ses intentions, ses peurs et ses plaisirs ? Il ne reste rien, que du vide plein de vie. Quand je ne suis plus rien, alors je peux être un avec tout. S’éveiller ou réaliser le Soi c’est prendre conscience que nous sommes un espace infini. C’est la découverte qu’il n’y a pas d’individualité, pas de séparation, de dualité. Tout ça, ce sont des illusions. Quand toutes ces illusions s’effondrent, il ne reste qu’une Présence silencieuse.

Cette prise de conscience se fait parfois dans la plus grande simplicité, d’autres vivent une expérience plus marquante. L’expérience n’est pas très importante, ce qui compte c’est la découverte de Soi et la libération de l’emprise de l’égo. La personne devient simplement consciente qu’elle est Un. Elle voit que le moi n’existe plus. L’idée du moi et de l’autre est disparue pour faire place à l’Indivisé. Il n’y a pas de chemin pour s’éveiller. Ce serait inutile car vous êtes déjà éveillés. Il n’y a rien à faire pour s’éveiller et rien de ce vous pouvez faire ne va déclencher l’éveil. Puisque le «je» individuel n’existe pas, rien ne vient de vous. C’est la Source qui s’exprime à travers vous. Alors pourquoi méditer, lire des livres ou faire des stages ? Que vous soyez en mesure de reconnaître, ou pas, que l’impulsion ne vient pas de votre individualité, mais de la totalité n’est pas très important. Si «Ça» vous dit de le faire, alors faites-le. Comment pourrait-il en être autrement ?

«Ça» a peut-être un projet d’éveil pour vous, et peut-être pas. S’il en a un, vous allez le savoir. «Ça» connaît le chemin de sa propre délivrance. «Ça» va vous entraîner là où c’est nécessaire. Vous avez peut-être besoin de vous transformer intérieurement. L’ego ne se laisse pas prendre aussi facilement. Le lâcher prise est un grand art qui s’acquiert avec le temps. Si que vous voulez garder le contrôler et arriver à l’éveil avec votre propre volonté, vous n’y arriverez pas. Laissez votre petite voix intérieure vous parler, sa sagesse et son amour sont infinis.  L’éveil est une prise de conscience et nous ne pouvons forcer cette prise de conscience. Elle se présente quand les conditions idéales sont réunies. Ces conditions ne peuvent être décrites et tiennent du mystère. On s’entend cependant sur le fait que lâcher prise est un incontournable. Lâcher prise à tout, y compris à l’intention de s’éveiller pour laisser quelque chose d’autre émerger.

 

C’est extraordinaire de se libérer du fastidieux mensonge à propos de qui nous sommes. On ne se rend pas compte à quel point ce mensonge génère beaucoup de souffrances. Le «je» étant dissout, il n’y a plus d’intermédiaire, le lien est direct entre le non manifesté et le manifesté et la personne se reconnaît en tant que source. À partir de ce moment-là, la seule réponse possible à la question «Qui suis-je ?» est JE SUIS.

L’éveil est une expérience extraordinaire qui permet de retrouver la personne ordinaire que nous sommes vraiment. C’est une immense libération et en même temps un renoncement à qui nous croyons être. Ce que nous croyons être, c’est notre identité. Par exemple, je suis une femme, je suis née en 1980, je suis douce et intrépide, etc. Tout ça n’est pas qui je suis vraiment. Ce n’est qu’une des sept milliards de manifestations humaines de l’Être.

Faites taire le mental et acceptez délibérément de vous abandonner et d’accueillir ce qui est. Ne faites rien d’autre que d’accueillir ce qui est. Soyez simplement conscient de la Présence qui accueille ce qui est.

 

Beaucoup de gens vivent des expériences qui se rapprochent de l’éveil. Ce sont en fait des aperçus d’éveil, ceux-ci sont intermittents. Ils font souvent parti de la démarche. Ne les recherchez pas, ne les fuyez pas, laissez les simplement vous toucher. Ils ne vous appartiennent pas. Pas la peine de s’en autoglorifier, ils viennent de la source et y retournent naturellement. Remarquez à quel point l’égo aimerait se les approprier ;-)

Vous vous demandez : « Est-ce possible d’être en permanence dans cet état de sérénité ? ». Tant qu’il n’y a pas de désir ou de résistance, c’est cet état qui prévaut. Chaque désir ou résistance nous en éloigne. Accueillir ce qui est, nous y reconduit. Désirer et résister favorisent l’identification qui est notre piège. Cependant, la connaissance intime de notre nature profonde qui est Amour et Félicité est toujours là en trame de fond. L’identification est rapidement démasquée pour celui qui a vu. La reconnaissance que le jeu de la vie est une divine comédie dont nous sommes l’auteur nous rattrape rapidement.

Ce n’est pas d’être éveillé à sa vraie nature qui est extraordinaire, c’est vivre dans le mensonge de qui nous croyons être qui est absolument dramatique.

 

L’expérience d’éveil est différente pour chaque personne. Chacun retourne à la maison par le même chemin qu’il a emprunté pour la quitter. Certains s’éveillent seul, d’autres ont besoin de quelqu’un qui les accompagne. Certains s’y préparent pendant des années, d’autres se font surprendre alors qu’ils n’en avaient jamais entendu parler.

S’éveiller c’est simplement réaliser qui nous sommes ! C’est sortir du mensonge que nous sommes notre identité. C’est passer de qui nous croyons être à qui nous sommes vraiment. Nous cherchons le bonheur dans le succès, l’argent, le prestige, l’activisme, le sexe, l’alcool et les stupéfiants et alors que notre nature véritable est Amour, Félicité et Joie.

Tout est là depuis toujours et pour toujours !

http://mondereel.over-blog.net/

Tout est là depuis toujours et pour toujours !
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4 décembre 2013 3 04 /12 /décembre /2013 09:46
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4 décembre 2013 3 04 /12 /décembre /2013 09:37

Interlocuteur:Mooji, est-il réellement possible de devenir illuminé, de recevoir l'illumination ? Quiconque est-il devenu illuminé ou éveillé en venant au satsang, et si oui pouvez-vous dire qui ? (Tout le monde rit)

 

Mooji:En vérité, il n'est pas possible de devenir illuminé de la façon dont vous le présentez, parce qu'en premier lieu il n'y a personne en tant que tel qui puisse devenir illuminé. La ferme reconnaissance ou réalisation qu'il n'y a pas « quelqu'un » qui puisse en réalité obtenir l'illumination, et qu'il ne peut jamais y avoir une entité qui obtienne un tel état, que ce soit maintenant ou dans le futur, voilà qui revient à l'illumination. Cette réalisation directe a lieu et devient une vérité révélée, confirmée et convaincante au travers du processus de l'enquête du Soi. « L'enquête du Soi », aussi appelée Atma-Vichara, est un moyen efficace pour dévoiler l'irréalité du concept « je », de l'ego, habituellement perçu comme un fait en soi ; elle laisse le Soi pur et immuable comme la seule et parfaite réalité. Ceci est la vérité ultime.
Vous demandez : « Y a-t-il quelqu'un qui est devenu éveillé en suivant les satsangs ? » Cela a déjà été abordé dans ce que j'ai dit précédemment, mais j'ajouterai qu'il y a eu et qu'il continue d'y avoir une reconnaissance constante du fait que l'identité-ego est un mythe, un personnage de fiction. L'individualité en tant que telle est une expression de l'être, de la pure conscience, et non la réalité ou la définition de cet être. Ce dernier reste en retrait en tant que témoin et observe les phénomènes qui surviennent spontanément dans la conscience. Ce véritable soi est uniquement une présence sans forme et sans nom qui brille comme paix et joie aimante. Quand cette reconnaissance à lieu dans chaque individu, chaque expression de la conscience connue comme une personne, cet état est appelé « éveil » ou « illumination ».
Vous me demandez de montrer si une telle personne est présente ici ? En langage courant, je dirais qu'un certain nombre de personnes ici sont arrivés à une vision claire, au-delà d'une simple acceptation ou d'une compréhension intellectuelle ou scolaire. Cependant, les tendances mentales ne sont pas instantanément ni complètement détruites et le sens de l'ego, se faisant passer pour le siège de la réalité, et bien qu'exposé comme simple illusion au travers de l'enquête du Soi, continue d'apparaître. C'est naturel. Le travail, le défi est de ramener ce sens de l'individualité, « je », à la source, le coeur, dès qu'il se présente. En exerçant l'attention à rester à la source, qui est votre véritable Soi, ce sens se fond progressivement dans la source et devient la source elle-même.
En fin de compte, que serait le « je » qui déclarerait « j'ai trouvé » ou « je suis une personne réalisée » ? Qui ou quoi pourrait être propriétaire de l'illumination ? ne serait-ce pas le même ego ? Vous voyez ce que je veux dire ? 
Cependant, certains maîtres se sont déclarés et affirmés eux-mêmes comme la réalité pure et sans qualité, et ont parlé ainsi depuis une conviction, une connaissance pure, directe, sans ego. Ceci aussi est juste de mon point de vue, c'est très revigorant, naturel et ça fait autorité. De ce fait nous pouvons voir qu'il n'est pas possible de cadrer ou de limiter le Soi pur par aucune norme ou logique humaine.

I:Mais je me sens être « quelqu'un », je ne peux pas me sentir comme n'étant « personne ».

M:A nouveau vous placez ce « moi » comme un objet de perception. Comment pouvez-vous être un objet ? Un objet doit avoir un sujet qui le perçoit. Si le sujet aussi est perçu il devient automatiquement un objet et doit avoir un sujet plus profond qui le perçoit. Vous voyez ? Vous ne pouvez être aucun objet perçu, vous devez être le sujet qui perçoit. Quoi ou qui êtes-vous qui perçoit ? Saisissez cela. Votre affirmation « je me sens être quelqu'un » contient trois aspects : Je, mon ressenti et le quelqu'un pour qui je me prends. Ce quelqu'un est simplement une idée de vous-même, ce n'est pas votre vrai Soi. Et votre ressenti est simplement le sentiment concernant cette idée de vous-même. Finalement il y a le vous qui est le sujet qui perçoit cette observation. Ai-je raison ?

I:Oui.

M:Quoi ou qui êtes-vous exactement ?

I:Je suis moi, moi-même !

M:Et qu'est-ce que c'est exactement ?

I:Moi ! Ou plutôt ce que je connais de moi.

M:Alors ce n'est pas le corps ?

I:Non, je sais que je ne suis pas le corps.

M:Comment savez-vous que vous n'êtes pas le corps ?

I:Je peux voir mon corps et je sais simplement que ce n'est pas ce que je suis, bien que parfois je sente que je suis ça aussi.

M:Bien. Pouvons-nous revenir à votre réponse selon laquelle vous êtes votre connaissance de vous-même ? Êtes-vous sûr que c'est la connaissance de vous-même et pas simplement la connaissance de l'idée de vous-même, de votre personnalité ? Comment êtes-vous parvenu à vous connaître ? Comment vous connaissez-vous ici et maintenant ?

I:Quand j'ai commencé à percevoir les autres choses et les gens.

M:Oui, comment le fait de percevoir ce qui est autre vous amène à vous-même ?

I:Parce que je sais que je perçois. Que je dois être là pour percevoir.

M:De ce fait aucun objet perçu ne peut être vous, ai-je raison ?

I:C'est ça.

M:Exactement ! Très bien ! A présent, quoi ou qui est exactement ce qui perçoit ou remarque ?

I:Moi ! Ceci !

M:« Moi » est-il identique à « ceci » ?

I:Oui.

M:Et à nouveau, qu'est-ce que c'est ? Quelle sa qualité, sa subtance ? Qu'est-ce qui fait que c'est vous précisément ? Regardez et dites-moi. Est-ce un vous particulier ? Une personne ? Puisque distinct d'un elle, d'un il, d'un lui ou d'un eux ?

I:Eh bien oui... non... c'est vague, je n'arrive pas à voir.

M:Restez calme, ne décrochez pas, soyez immobile et regardez. Qu'êtes-vous là ? Pouvez-vous le dire depuis ce point d'observation ?

I:Je ne suis aucune personne ni aucune chose, mais je ne sais pas ce que je suis. Il n'y a rien là, je ne peux pas répondre. Il y a le sentiment de ne pas vouloir regarder, un sentiment de fatigue, de résistance et d'irritabilité.

M:Bon. N'entrez dans aucune évaluation, ne touchez à rien, soyez seulement un avec ce processus d'observation. Restez là sans effort.
(Longue pause...)
Vous semblez perplexe, qu'est-ce qui vous rend ainsi ?

I:Il y a juste ce vide.

M:Qu'est-ce qui observe ce vide ?
(L'interlocuteur lève les yeux et souris, le regard fixé sur Mooji)

M:D'où vient ce sourire ?
(Silence...)

I:Je ne sais pas, Il y a un sentiment de soulagement, d'espace et de paix, une sorte de clarté.

M:Une sorte de ?

I:Non. Une clarté, un espace et une paix.

M:Cette clarté et cette paix brillent là où il n'y a personne. Ceci est la paix. Ceci est la joie réelle. ceci est l'amour pur. Mais seulement ne vous y cramponnez pas. Ne le possédez pas, ne le revendiquez pas. Restez le témoin.

I:Oui, oui (en souriant) je vois que je ne suis que le témoin. Merci, merci. (Elle frappe dans ses mains à la manière traditionnelle indienne pour remercier ou saluer)

M:Ne partez pas tout de suite...
(Quelques moments passent)
A présent, cessez d'être le témoin.

I:Je suis désorientée.

M:Non, vous n'êtes pas désorientée. Cette désorientation est observée. Ne vous y identifiez pas. Que reste-t-il ? Ne touchez à rien, pas même le témoin, ne soyez pas un « témoigneur ». Témoigner sans témoin, vous comprenez ?

I:Oui.

M:Qui comprend ?

I:Personne, il y a juste la compréhension.

M:Très bien. Très heureux de vous rencontrer. A présent depuis ce lieu sans lieu, dans un vide total et en tant que vide, au delà du concept de vide, vous êtes sans effort. Vous n'êtes pas devenu cela ni ne l'avez obtenu car il n'y a personne qui puisse obtenir quoi que ce soit. En dehors, et pourtant à l'intérieur de cette conscience (awareness) indescriptible, la conscience (consciousness) se lève et brille comme le « je » qui perçoit. Et quoi qu'il se présente, ce ne sont que de simples formes apparentes de la conscience « je » qui sont perçues.

I:Merci.

M:Je vous en prie.

 

http://mooji.org/dialogue_01_fr.html

Illumination avec Mooji.
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3 décembre 2013 2 03 /12 /décembre /2013 11:55
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3 décembre 2013 2 03 /12 /décembre /2013 11:50

Interlocuteur:Est-ce que je peux poser une question sur l’intégration ? L’an dernier, je t’avais dit que j’avais laissé derrière moi la sensation que j’ai de moi-même. Il me semble parfois que j’ai deux types d’expériences tout à fait distinctes, qu’il y a une division, mais il se peut que tout ça soit très confus. Certaines des choses dans lesquelles je suis engagé ont vraiment l’aspect d’un processus d’intégration. Y a-t-il un moment où l’on sent qu’on est revenu au port ?

Mooji:S’il fallait parler sur la base qu’il y a quelque chose de séparé, qu’il y a un écart, on pourrait parler d’intégration. Ce genre de discussion est sans fin. Mais tu dis qu’il y a la « sensation » d’une division. C’est toujours lié à ce dont on a parlé la dernière fois : l’impression qu’il y a quelque chose de plus derrière tout ça. Ce ne sont que des pensées. Peut-être que la question que tu pourrais poser est celle-ci : qu’est-ce qui est conscient d’une division ? On a l’impression de comprendre cette division, mais qu’es-ce qui la perçoit ? qui la perçoit ?

I:Mon vrai soi. Ma conscience naturelle, je suppose.

M:OK. Dans ta conscience naturelle, quelle forme a cette conscience ? Quelle forme as-tu en tant que conscience ? Quand tu parles de conscience, es-tu conscient de toi-même comme de quelque chose de mesurable ? Cette conscience est-elle quelque chose de tangible ?

I:Ce qui a l’air de se produire, c’est qu’elle se réduit très vite à un objet.

M:Qu’est-ce qui est témoin de cette réduction ? Est-ce que cela se réduit aussi ?

I:Non.

M:Reste là.
Dans le champ de la conscience apparaissent d’innombrables sensations. Il semble inépuisable, ce flot, cette circulation de pensées. Parfois une pensée ou une sensation apparaît, et tu as l’impression qu’elle t’affecte. Ce qui se passe en fait, souvent, c’est que l’énergie de cette pensée ou de cette sensation est déjà épuisée, mais tu vis dans son souvenir, tu la perpétues grâce à la mémoire.

I:En ce moment c’est une sensation de fatigue extrême, c’est trop. Je ne la supporte plus.

M:Ne la supporte pas. Comment « supportes-tu » une sensation ? Quelle en est la récompense ?

I:Quelqu’un qui fait des expériences, je suppose.

M:S’il n’y a pas de récompense, est-ce que ça revient à une absence d’expérience ? Est-ce que récompense signifie expérience ?
Est-ce que l’expérience a un but précis ? Tu ne fais qu’observer les activités de la conscience, et elle change sans cesse. Tu penses que tu vas trouver un petit coin confortable, tu t’installes, et tout disparaît. Tu n’as pas besoin de te situer où que ce soit, mais l’impression d’être quelque part apparaît en toi. Tu en es conscient. Il y a une tendance à donner une certaine qualité à ce que tu appelles toi-même.

I:Je m’identifie à la sensation que j’ai.

M:Tu t’identifies à elle. La sensation se produit ; elle est perçue... est-ce que tu t’identifies à toutes les pensées qui te viennent ?

I:Non. Je m’identifie à certaines sensations puissantes.

M:Certaines sensations apparaissent et tu en fais l’expérience avec une certaine force. Peut-être qu’à certains moments de ton enfance tu as eu l’impression que c’est ce qui t’arrivait vraiment à toi, parce qu’une fois que la conscience entre en résonance avec cette forme à l’intérieur de la sensation d’être, cette sensation se précipite à l’extérieur, s’identifie au corps et emprunte ses qualités en disant : « voilà ce que je suis ». A l’origine, cette conscience n’est pas personnelle, mais elle se sent personnelle, car elle a l’impression d’être cette forme particulière. C’est comme l’électricité : dans une lampe, elle produit de la lumière, dans un frigo, du froid, etc. mais l’électricité n’est rien de tout cela. En agissant à travers certains appareils, elle apparaît sous forme de froid, de lumière, ou de quoi que ce soit d’autre, mais on ne peut pas la décrire comme étant froide ou lumineuse. En tant que conscience, ou aperception, tu ne fais que percevoir. Mais quand l’impression d’être le corps devient très forte, l’expérience semble avoir un grand impact sur la conscience qui s’exprime à travers les différents corps qu’on appelle « les gens ». Son intensité varie selon le degré de croyance à l’identification « je suis cette forme-là ». 
Peu à peu, cette identification rencontre beaucoup de stress dans ce qu’on appelle « la vie », parce que, s’étant identifiée à un certain corps, la conscience se met à chercher comment maintenir la vie dans cette forme particulière, en se prenant pour elle. Elle considère toute menace ou tout dommage infligé à cette forme, ou sa disparition comme sa propre disparition. Elle fait l’expérience de la peur, de l’angoisse, de l’agitation, et tout ça parce qu’elle est persuadée d’être cette forme particulière. Et en tant que telle (c’est ce qu’on appelle l’ego), elle se sent distincte de toutes les formes, considérant ce corps-là comme étant son corps, et tous les autres comme différents. C’est ainsi qu’elle entre dans le domaine de l’altérité. De cette manière, la conscience, qui est pure et universelle à l’origine, fait l’expérience d’elle-même comme autonome et séparée. Pendant un certain temps, elle est engagée dans cette séparation, elle en même fière. Mais cela ne peut pas durer ; peu à peu, elle est malmenée par le monde, les circonstances, ses rêves brisés et ses déceptions. Elle perd son arrogance, son orgueil, et elle devient plus souple, plus réceptive aux vérités spirituelles. On n’a pas besoin de savoir comment cela se produit. Tu peux penser que rien ne se passe, mais à un certain moment, ça germe dans ta conscience, en quelque sorte, comme une affinité, une attraction pour un enseignement, ou bien une question qui se pose naturellement en toi. Tu ne décèleras peut-être pas d’où elle provient. Pourquoi toi ? 
Tu es là, et sans doute tu as de la famille et des amis qui ne partagent pas cet intérêt. D’où est-il venu pour toi ?

I:Tout d’abord d’un certain malaise, je pense.

M:Alors d’une certaine façon, tu dois lui en être reconnaissant, s’il t’amène à vouloir t’en libérer.

I:Merci. Ça décrit très bien ce qui s’est passé. Je suis arrivé à un point critique, à une intensité, que je ne peux pas, que je ne veux pas avoir à supporter : la pensée qui me vient, c’est de me débarrasser de moi-même pour mettre fin aux émotions ; c’est comme une impasse...

M:Il vaut mieux ne pas devenir trop habile dans la description de ses sentiments.

I:Oui, c’est sans doute parce que je suis une thérapie de groupe en ce moment...

M:Ça donne ce genre de talent.

I:En fait, je voulais partir, mais le modérateur a dit que ça perturberait le groupe.

M:Est-ce que tu as tendance à te sentir excessivement responsable des autres ?

I:Non, et je me demandais si je n’étais pas un peu froid. Je l’ai sans doute été à une époque. Je suis peut-être passé d’un extrême à l’autre.

M:Qu’est-ce qui est conscient des extrêmes ? Tu parles si facilement, si naturellement de ça, les extrêmes... Quelque chose est conscient de ces sauts, ces convulsions. Quoi donc ? Peux-tu nier qu’il y a quelque chose qui ne voltige pas, mais dans lequel ces mouvements sont observés ? Que dois-tu faire pour être là où est cette conscience ?

I:Pour être totalement avec ça...

M:Qu’est-ce qui sera « avec » quoi ?

I:C’est déjà là sans que...

M:Y a-t-il quelque chose qui te démange, là maintenant ? Ne touche pas au passé. Maintenant, à cet instant.

I:Maintenant, c’est clair. Il y a des émotions, mais ça va.

M:Quand est-ce que « maintenant » devient un instant passé ? Reste dans le présent.

I:Maintenant est là, et s’en va immédiatement après ; c’est presque simultané.

M:Maintenant, précisément, qu’est-ce que tu es ? Où est tout ça, à présent ? Ne retourne pas dans le passé.

I:Je ne sais pas.

M:Ça fait quoi de ne pas savoir ?

I:Vraiment du bien.

M:Comment vas-tu être à présent ?

I:Je ferai attention au présent.

M:Tu es conscient de l’attention. Tu n’es pas l’attention. D’ordinaire, ce qu’on appelle soi-même, quand on y regarde vraiment, on voit qu’on parle de notre attention. Tu es conscient de l’attention. Bien que tu sois tenté de sentir que tu vas et tu viens, quelque chose est témoin de cette sensation d’aller et venir. Si je te demande ce que c’est, quelle que soit la réponse qui te vient à l’esprit, ça n’est pas ça.

I:Je crois que je m’identifiais à mon attention, pensant que c’était la conscience.

M:C’est beaucoup plus fort quand tu as l’impression d’être une personne particulière. Alors c’est important d’avoir du succès, c’est important d’être heureux, c’est important de gagner de l’argent... Mais cette sensation d’une personnalité déterminée, quand on l’examine, ce n’est qu’une idée. C’est comme lorsqu’on parle du temps qu’il fait : le climat anglais, le climat irlandais... mais est-ce qu’on peut montrer un échantillon de climat ? On en parle comme d’un nom, mais c’est plutôt un mouvement. Intérieurement, dans le paysage de notre conscience, toutes ces sensations se meuvent comme font les climats. Tu ressembles plus à un verbe qu’à un nom, mais tu penses être un nom, et tu as l’impression de quelque chose de solide. Mais ce qui est vraiment solide, c’est la sensation « j’existe ». C’est la base constante, sans rupture. Une petite mixture de cet être de base avec l’impression d’être le corps produit tout cela. Le corps et l’esprit ont l’impression « je suis cette personne », et aussi «  je suis constant ». Ils empruntent au pur « Je suis » sa constance et sa solidité, et clament : « c’est moi, la personne, qui ait cette solidité ». Mais quand on examine cette personnalité, c’est seulement un mouvement, un agrégat de souvenirs, de conditionnements, et tous ces trucs qui opèrent comme une sorte de programme.

I:Il y a une énorme différence. Ce n’est pas que je m’identifie au corps, mais à une émotion.

M:Et si jamais tu ne t’identifies à rien du tout ?

I:Il n’y a que « je suis ». Mais c’est intéressant que tu parles de solidité, parce que c’est un peu ce que je cherche...

M:Tu vois, je t’ai demandé : qu’y a-t-il quand tu ne t’identifies pas ? et tu as répondu : le « je suis » de base, mais rapidement, tu t’en es éloigné. Tu donnais une réponse plutôt que d’être un avec ça. C’est vraiment le mental qui accepte la réponse « je suis », il dit : « ouais, je sais, ça me fait une belle jambe ! » Il cherche encore sa dose. Il ramasse le sentiment « je suis » un peu comme une réponse. Ça ne t’amène pas vraiment à reconnaître ce que c’est, ni à être un avec ce que tu es déjà, parce qu’il y a ce mental, qui est comme le pied de l’athlète : ça le démange de se gratter, et tu grattes, mais ça n’apporte jamais de satisfaction, et il faut juste mettre en lumière cette tendance. Reste avec ça. Sois conscient que ces choses là ne font que se présenter à toi. Il n’y a pas de mal à ça, c’est comme ça. Et il en sera ainsi tant que la conscience sera là dans le corps. L’activité n’est pas contraire à la vérité ; laisse-la avoir lieu, et observe. Fonctionne naturellement. Tout se déroule par soi-même. Mais dès que tu as pris la position d’être celui qui agit, il y a difficulté, et te voilà engagé pour un moment, dans des thérapies et tout ça. Mais il te faudra revenir un jour à la vérité la plus basique si tu veux être satisfait, heureux, et libre. Dès à présent tu es libre, mais voilà, ton attention est posée sur autre chose, sur ce qui te fascine, tes engagements conceptuels, qui viennent de la croyance « je suis le corps », ce qui revient à éclipser ta conscience de toi-même, ton être naturel. Il y a une tendance à penser qu’il y a encore quelque chose dont il faut venir à bout, qu’il faut obtenir. Et cette impression te maintient comme un bébé au sein de sa mère, dans un état de souffrance, et c’est pourquoi cette souffrance même est une invitation profonde à s’en débarrasser.

I:A cesser de regarder.

M:Ou plutôt à commencer de vraiment regarder. Quoi qu’il te vienne à l’esprit, ne rentre pas dans son jeu au quart de tour. Ces émotions n’ont autant de force que parce que tu leur a couru après pendant si longtemps, en pensant que c’est toi qui en tirait quelque profit. Accorde à tout ça le temps qu’il faut, ne te contente pas d’un essai de cinq minutes.

 

http://mooji.org/dialogue_02_fr.html

Dialogue avec Mooji.
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3 décembre 2013 2 03 /12 /décembre /2013 11:32
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3 décembre 2013 2 03 /12 /décembre /2013 10:40

Écoutez cette histoire : une grande yogini méditait, elle investiguait naturellement : 'Que puis-je être?' Et puis dans la conscience a surgi pour elle, une belle musique, comme on en a jamais entendu auparavant. Et elle dit : "Oh, ceci est délicieux! Mais ça ne peut pas être moi parce que je suis ici pour l'entendre!"

Et puis les plus étonnantes visions, des couleurs et des formes fantastiques lui apparurent, mais à nouveau la reconnaissance se produisit : "Elles ne peuvent pas être ce que je suis parce que je suis ici pour les percevoir!"

Et maintenant, des Êtres Célestes apparaissaient, complètement radiants et remplis d'amour. Et elle dit : "Oh, comme ils sont merveilleux, mais je ne peux pas être aucune chose parce que je suis ici pour l'éprouver!"

Même la vacuité, vous ne pouvez même pas être ceci. Tout retourne au silence, et il n'y a personne ici pour évaluer le silence. Qu'est-ce qui observe même cette reconnaissance? Le silence n'est pas troublé par la pensée ou la parole, l'espace n'est pas affecté par ce qui se produit à l'intérieur de lui-même.

 

Vous êtes cela.

 

Demeurez dans cette vision, et restez tranquille, tout est bien.

 

http://www.mooji.org/lang/fr/dialogues_fr.html

Restez tranquille.
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3 décembre 2013 2 03 /12 /décembre /2013 10:39
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La Vie est ce qui est

cequiest:

"Et ceci est ce qui arrive… lire ces mots, entendre des sons, ressentir, penser « alors, et après ? ». Et bien « après » est encore ceci ! la Vie étant simplement ce qui est… l’avènement dans l’anéantissement, la fin dans le commencement, le rien dans le tout."
                                                                                                                                                 Tony Parsons

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Le Paradis est déjà là !



"Nous prétendons que nous avons perdu la paradis seulement pour la joie de le retrouver à nouveau. Quand le paradis est retrouvé , il est réalisé qu' il n' avait jamais été perdu.
Mais aussi longtemps que nous cherchons le paradis, il est impossible de remarquer qu'il est déjà là."
                                                                                                                                         Richard Sylvester

Relaxe toi, tu es déjà arrivé !

Vous imposez des limites à votre véritable nature d'être infini, puis vous vous désolez de n'être qu'une créature limitée, ensuite vous mettez en œuvre des pratiques spirituelles pour transcender ces limites inexistantes. Mais si votre pratique même implique l'existence de ces limites, comment pourraient-elles vous permettre de les transcender ?        

                                                                                                                                              Ramana

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