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16 décembre 2014 2 16 /12 /décembre /2014 09:47

 

"A chaque pas qu'il faisait sur la route, Siddhartha apprenait quelque chose de nouveau, car le monde pour lui était transformé et son coeur transporté d'enchantement. Il vit le soleil se lever au-dessus des montagnes boisées et se coucher derrière les lointains palmiers de la rive ; il vit, la nuit, les étoiles, leur belle ordonnance dans le ciel et le croissant de la lune, tel un bateau flottant dans l'azur. Il vit des arbres, des astres, des animaux, des nuages, des arcs-en-ciel, des rochers, des plantes, des fleurs, des ruisseaux et des rivières, les scintillements de la rosée le matin sur les buissons, de hautes montagnes d'un bleu pâle, au fond de l'horizon, des oiseaux qui chantaient, des abeilles, des rizières argentées qui ondulaient sous le souffle du vent. Toutes ces choses et mille autres encore, aux couleurs les plus diverses, elles avaient toujours existé, le soleil et la lune avaient toujours brillé, les rivières avaient toujours fait entendre leur bruissement et les abeilles leur bourdonnement ; mais tout cela, Siddhartha ne l'avait vu autrefois qu'à travers un voile menteur et éphémère qu'il considérait avec défiance et que sa raison devait écarter et détruire, puisque la réalité n'était point là , mais au-delà des choses visibles. Maintenant ses yeux désabusés s'arrêtaient en deçà de ces choses, ils les voyaient telles qu'elles étaient, se familiarisaient avec elles, sans s'inquiéter de leur essence et de ce qu'elles cachaient, il tâchait de découvrir le petit point de ce monde où il arrêterait ses pas. Qu'il était beau le monde pour qui le contemplait ainsi, naïvement, simplement, sans autre pensée que d'en jouir ! Que la lune et le firmament étaient beaux ! Qu'ils étaient beaux aussi les ruisseaux et leurs bords ! Et la forêt, et les chèvres et les scarabées d'or, et les fleurs et les papillons ! Comme il faisait bon de marcher ainsi, libre, dispos, sans souci, l'âme confiante et ouverte à toutes les impressions. Le soleil qui lui brûlait la tête était tout autre, tout autres aussi la fraîcheur de l'ombre dans les bois, l'eau du ruisseau et celle de la citerne, le goût des calebasses et des bananes. Les jours et les nuits passaient sans qu'il s'en aperçût ; les heures fuyaient comme la voile du bateau sur les ondes et chacune d'elles lui apportait des trésors de joie. Siddhartha vit passer une troupe de singes dans la voûte verte de la forêt, sur les plus hautes branches, et il prêta l'oreille à leurs cris sauvages. Il vit un bouc poursuivre une brebis et la couvrir. Il vit, dans les joncs d'un étang, le brochet affamé se livrer à sa chasse du soir et, devant lui, une multitude de petits poissons affolés fuir sur l'eau, brillants et scintillants ; les rapides tourbillons que la bête de proie traçait dans l'eau donnaient une impression de force et de fureur irrésistibles.

Rien de tout cela n'était nouveau ; mais il ne l'avait jamais vu ; sa pensée l'en avait toujours tenu éloigné. Maintenant, il était auprès de ces choses, il en faisait, partie. La lumière et les ombres avaient trouvé le chemin de ses yeux, la lune et les étoiles celui de son âme."

 

 HESSE Hermann. - Siddhartha

"Ses yeux désabusés."
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16 décembre 2014 2 16 /12 /décembre /2014 09:42
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16 décembre 2014 2 16 /12 /décembre /2014 09:36

Etre conscient est une écoute, une écoute de ce qui se présente, exactement comme lorsque des sons différents et nombreux s’offrent à votre oreille, un enfant qui joue, le passage d’une voiture, le chant d’un oiseau dans un arbre, et vous n’opérez pas de choix dans ces sonorités, vous n’en retenez aucun. Vous ne leur accordez pas une attention particulière, vous n’essayez pas de les refouler.

L’eau n’est pas affectée par les myriades de poissons qui sillonnent ses profondeurs, elle est toujours l’eau. Je peux vous donner un autre exemple. Vous ne goûtez que les choses qui sont dans votre bouche, les objets, or la bouche a son propre goût.

Toute chose trouve en vous son existence. Ce que vous voyez et faites sont des créations de l’instant. C’est seulement la mémoire qui créé l’illusion de la continuité. C’est la mémoire qui déclare que vous étiez ici hier ou avant-hier.

La méditation vivante n’est pas l’absence d’activité mentale, elle est le « support » de l’action et de la non-action. Si vous mettez l’accent sur le connaisseur de la vacuité d’esprit et non sur la vacuité elle-même, un jour cette vacuité, cette virginité, disparaîtra aussi et vous rencontrerez la tranquillité ultime.

Le mot méditation a été mal utilisé par de nombreuses traditions qui se sont augmenté de nombreuses techniques.

« Toi » et « Moi » en tant que corps et esprit apparaissent et disparaissent, chacun avec ses propre caractéristiques, mais ils ne sont rien d’autre qu’une collection de souvenirs qui n’ont pas d’existence en eux-mêmes. Comme les vagues et l’écume forment la mer, ils n’ont, en tant qu’entités séparées, qu’une existence éphémère. Aussi longtemps que vous vous prenez pour une « vague » ou pour « l’écume », vous ne pouvez voir cette vérité. Tout ce que je demande est que vous cessiez de vous identifier au corps et à l’esprit. Vous connaîtrez alors votre réelle essence : « la mer ».

Jean Klein

Jean Klein: "Méditation vivante."
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15 décembre 2014 1 15 /12 /décembre /2014 12:35
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15 décembre 2014 1 15 /12 /décembre /2014 12:30
  • « accoutumez-vous peu à peu à Lui offrir votre cœur de temps en temps pendant la journée, parmi vos ouvrages, à tout moment si vous le pouvez. »

  • « Cette présence de Dieu, un peu pénible dans les commencements, pratiquée avec fidélité, opère secrètement en l’âme des effets merveilleux, y attire en abondance les grâces du Seigneur et la conduit insensiblement à ce simple regard, à cette vue amoureuse de Dieu présent partout, qui est la plus sainte, la plus solide et la plus efficace manière d’oraison. »

  • « La présence de Dieu est, à mon sentiment, en quoi consiste toute la vie spirituelle et il me semble qu’en la pratiquant comme il faut, on devient spirituel en peu de temps. »

  • « Ce regard de Dieu doux et amoureux allume insensiblement un feu divin en l’âme, qui l’embrase ardemment de l’amour de Dieu. »

  • « Je ne crois plus ; mais je vois, j’expérimente ce que la foi nous enseigne. »

  • « Je retourne ma petite omelette dans la poêle pour l’amour de Dieu. [Il faut] se servir de toutes les œuvres de son état pour l’amour de Dieu et pour entretenir sa présence en nous. »

  • « Si par impossible on pouvait aimer Dieu en enfer, et qu'il voulût m'y mettre, je ne m'en soucierais pas : car il serait avec moi, et sa présence en ferait un paradis. »

Frère Laurent de la Résurrection:

 

http://fr.wikipedia.org/wiki/Laurent_de_la_R%C3%A9surrection

 

Citations du jour.
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15 décembre 2014 1 15 /12 /décembre /2014 11:53
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15 décembre 2014 1 15 /12 /décembre /2014 11:33

Toute pensée que vous avez eu sur vous-même, qu'elle soit sous-évaluée ou sur-évaluée n'est pas ce que vous êtes. C'est simplement une pensée. La vérité de qui vous êtes réellement ne peut être pensé, parce que c'est la source de toute pensée. La vérité de qui vous êtes ne peut être nommée ou définie. Des mots tels que âme, Lumière, Dieu, Vérité, Soi, Conscience, Intelligence Universelle, ou Divinité, bien qu'ils puissent évoquer la grâce de la Vérité, sont, de très loin, insuffisants pour décrire l'immensité de qui vous êtes réellement.

Quelque soit la façon dont vous vous identifiez : en tant qu'enfant, adolescent, une mère, un père, une personne âgée, une personne en bonne santé ou malade, une personne en souffrance, ou une personne éveillée. Toujours, derrière tout cela, se trouve la vérité de votre être. Cela ne vous est pas étranger. C'est si proche que vous ne pouvez imaginer que vous êtes cela. La vérité de votre être n'est affectée par aucun concept sur qui vous êtes: ignorant ou illuminé, sans valeur ou extraordinaire. La vérité de votre être est libre de tout cela. Vous êtes déjà libre, et tout ce qui empêche la réalisation de cette liberté est votre propre attachement à une pensée de qui vous êtes. Cette pensée ne vous empêche pas d'être la vérité de votre être. Vous l'êtes déjà. Elle vous sépare de la réalisation de qui vous êtes. Je vous invite à laisser votre attention plonger dans ce qui a toujours été ici, attendant patiemment sa propre réalisation.

Qui êtes vous, vraiment ? Etes vous une image apparaissant dans votre esprit ?£ Etes vous une sensation apparaissant dans votre corps ? Etes vous une émotion traversant votre âme et votre corps ? Etes-vous ce que quelqu'un d'autre a dit de vous ? Ou êtes-vous la révolte contre quelque chose que quelqu'un a dit de vous ? Ce sont quelques unes des nombreuses identifications eronnées. Toutes ces définitions vont et viennent. Elles naissent, puis meurent. La vérité de ce que vous êtes est immuable.

Elle existe avant la naissance, tout le long de la vie et après la mort. Découvrir la réalité de qui vous êtes vraiment est non seulement possible, c'est votre droit de naissance. Toute pensée qui dit que cette découverte n'est pas pour vous, que ce n'est pas le bon moment, que vous n'êtes pas à la hauteur, que vous n'êtes pas prêt, que vous savez déjà qui vous êtes, sont simplement des astuces du mental. Il est temps d'enquêter sur cette pensée "Je" et de regarder si elle a une quelconque valeur. Dans ce travail d'introspection, s'ouvre une porte pour que l'intelligence consciente que vous êtes se reconnaisse enfin elle-même. La question la plus importante que vous pourrez jamais vous poser est: Qui suis-je?

D'une certaine manière, cette question a été implicitement posée à chaque étape de votre vie. Chaque activité, qu'elle soit individuelle ou collective est motivée à la base par une quête de définition de soi. En général, vous cherchez une réponse positive à cette question et vous fuyez devant une réponse négative. Une fois cette question devenue centrale, l'énergie et la puissance de la question dirigent la quête de la véritable réponse, qui est illimitée, vivante, et dont la profondeur n'a de cesse de se creuser d'avantage. Vous avez connu des succès et des échecs. Au bout d'un certain moment, tôt ou tard, vous réalisez que ce que vous êtes, quelle que soit la façon dont cela est défini, n'est pas satisfaisant. Tant que cette question n'aura pas reçu de véritable réponse, au delà des réponses conventionnelles, vous aurez toujours soif de savoir. Parceque, quel que soit la façon dont vous avez été défini par les autres, de manière bien intentionnée ou non, et quel que soit la façon dont vous vous êtes définis vous-même, aucune définition ne peut apporter de certitude durable.

Cette prise de conscience qu'aucune réponse n'a jamais été satisfaisante pour répondre a cette question est cruciale. On l'appelle souvent l'instant du mûrissement spirituel, l'instant de la maturité spirituelle. A cet instant, vous pouvez consciemment examiner qui vous êtes vraiment. Dans sa puissance et sa simplicité, la question "Qui suis-je ?" renvoie le mental à la racine même de l'identification individuelle, à l'hypothèse de base : Je suis quelqu'un. Au lieu de prendre machinalement cette hypothèse comme la vérité, vous pouvez aller chercher plus profondément en vous. Il n'est pas difficile de voir que cette pensée initiale, "je suis quelqu'un" conduit a tout une variété de stratégies: être quelqu'un de meilleur, quelqu'un qui soit plus en sécurité, quelqu'un qui ait plus de plaisir, plus de confort, plus de réalisations. Mais quand cette pensée de base est remise en question, le mental rencontre le JE, qui est considéré comme séparé de ce qu'il était en train de chercher. On appelle cela l'investigation du Soi.

Cette question fondamentale : Qui je suis ? est LA question la plus négligée. Nous passons le plus clair de notre temps a nous dire et à dire aux autres que nous sommes quelqu'un d'important, quelqu'un d'insignifiant, quelqu'un de grand, quelqu'un de petit, quelqu'un de jeune, quelqu'un de vieux, sans jamais vraiment remettre en question l'hypothèse la plus fondamentale: Qui êtes-vous, vraiment ? Comment savez-vous que c'est ce que vous êtes ? Est ce que c'est vrai ? Vraiment ? Quand vous portez votre attention sur la question : Qui je suis ? Peut-être verrez-vous une entité qui a votre visage et votre corps. Mais qui est conscient de cette entité ? Etes-vous l'objet, ou, êtes vous la conscience de cet objet ? L'objet apparaît et disparaît. Le parent, l'enfant, l'amant, le délaissé, l'éclairé, le victorieux, le battu. Ces identifications apparaissent et disparaissent. La conscience de ces identifications est toujours présente. L'identification erronée de vous-même en tant qu'objet dans la conscience conduit au plaisir extrême ou à la souffrance extrême et aux cycles sans fin de la souffrance.

Quand vous êtes prêt à mettre fin à cette identification erronée pour découvrir directement et entièrement que vous êtes la Conscience elle-même et non pas ces définitions impermanentes, la recherche de votre être par la pensée se termine. Quand la question "Qui?"est poursuivie de manière innocente et pure, jusqu'à sa source même, une gigantesque et stupéfiante prise de conscience se produit: Il n'y a là aucune entité ! Il n'y a qu'une reconnaissance indéfinissable et sans limites de votre être comme étant uni au tout. Vous êtes libre. Vous êtes entier. Vous êtes illimité. Il n'y a ni fond, ni frontière à votre être. Toute idée sur vous-même apparaît en vous et disparaîtra de nouveau en vous. Vous êtes la conscience de tout ce qui est, et la conscience de tout ce qui est est la Conscience. En cet instant, laissez s'éteindre toutes les définitions de vous-même. Laissez-les aller, et regardez ce qui reste.Observez ce qui n'est jamais né et ce qui ne meurt jamais. Sentez le soulagement de lâcher le fardeau d'avoir à vous définir. Faites l’expérience de la non-réalité de ce fardeau. Faites l'expérience de la joie présente ici. Reposez dans la paix sans fin de votre véritable nature avant que naisse toute pensée du "Je".

Gangaji

Gangaji: "Vous êtes déjà libre."
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15 décembre 2014 1 15 /12 /décembre /2014 11:31
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15 décembre 2014 1 15 /12 /décembre /2014 11:23

 

"C’est pourtant tout simple. Nous n’avons aucun effort à faire pour être nous-mêmes. Nous le sommes. Mais notre inquiétude et notre arrogance, notre manque de confiance et nos peurs, l’étouffent. En voulant s’affirmer, exister, être reconnu, on se défigure. Il suffit de se détendre, de devenir comme transparent pour que notre être se mette à chanter spontanément - où comme le dirait Rilke devienne “anonyme”."

 

Fabrice Midal

Pour ceux qui aimen Rainer Maria Rilke, lire et relire:

Lettres à un jeune poète

http://beq.ebooksgratuits.com/classiques/Rilke_Lettres_a_un_jeune_poete.pdf

Transparent.
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14 décembre 2014 7 14 /12 /décembre /2014 13:45
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La Vie est ce qui est

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"Et ceci est ce qui arrive… lire ces mots, entendre des sons, ressentir, penser « alors, et après ? ». Et bien « après » est encore ceci ! la Vie étant simplement ce qui est… l’avènement dans l’anéantissement, la fin dans le commencement, le rien dans le tout."
                                                                                                                                                 Tony Parsons

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Le Paradis est déjà là !



"Nous prétendons que nous avons perdu la paradis seulement pour la joie de le retrouver à nouveau. Quand le paradis est retrouvé , il est réalisé qu' il n' avait jamais été perdu.
Mais aussi longtemps que nous cherchons le paradis, il est impossible de remarquer qu'il est déjà là."
                                                                                                                                         Richard Sylvester

Relaxe toi, tu es déjà arrivé !

Vous imposez des limites à votre véritable nature d'être infini, puis vous vous désolez de n'être qu'une créature limitée, ensuite vous mettez en œuvre des pratiques spirituelles pour transcender ces limites inexistantes. Mais si votre pratique même implique l'existence de ces limites, comment pourraient-elles vous permettre de les transcender ?        

                                                                                                                                              Ramana

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